DE TACTIQUE. i5gteaux ; là elle se trouvera plus heureuse et moinsconfondue ; elle redeviendra guerrière et ga-lanle ; legoût des armes et des exercices mili-taires, ramené dans la noblesse, passera bientôtchez le peuple ; la bourgeoisie ne regarderapl us l’état de soldat comme un opprobre ; la jeu-nesse des campagnes ne craindra plus de tomberà la milice; elle s’assemblera les dimanches etfêles pour disputer des prix desaut, de courseet d’adresse. Ces prix que le gouvernement fon-deroit dans chaque paroisse vaudroient millefois mieux que la stérile et coûteuse assembléeannuelle des milices; car ayez des paysans vi-goureux, lestes, déjà' accoutumés au bruit desarmes et à les manier; ayez en même temps unebonne discipline et des officiers , vous forme-rez bientôt des soldats. Qu’on ne croye pas aureste qu’une révolution pareille dans les espritset dans les mœurs fût funeste ni à l’agricultureni à la tranquillité du royaume. Une nationainsi constituée n’en seroit que plus portée etplus endurcie aux travaux. Ce sont les peupleslaboureurs qui sont les plus guerriers. Qu’on serappelle les Romains dans leurs beaux jours,qu’on voie les Suisses . L’État y gagneroit la ré-forme d’une partie de ces armées nombreusesqu’il entretient sur pied. Lorsqu’un pays en-tier est militaire, au premier signal tous ses lia-
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