DE TACTIQUE. 383
toute la cavalerie de l’Europe a abandonné laformation sur trois rangs. Le roi de Prusse etles Autrichiens ont voulu un moment eureprendre l’usage ; ces derniers nommémentavoient le projet de monter le troisième rangsur des chevaux Transilvains , comme pluslégers et plus propres à sa destination ; mais,soit inconstance, soit inconvéniens reconnusdans l’exécution , leur cavalerie est restée surdeux rangs, ainsi que toutes les autres cava-leries de l’Europe .
Le front de l’escadron doit être combinésur sa profondeur ; trop petit, l’escadron n’au-roit point de consistance, et son choc seroitsans effet : trop étendu, l’escadron seroit troppesant, et il ne pourroit pas aborder l’ennemipar toutes ses parties à la fois.
Il s’en faut que nos escadrons , que je sup-pose devoir être portés à la guerre à 1S0, ou à1G0 hommes, soient constitués d’après ce prin-cipe. Je crois que la juste proportion de leurfront devroit être de quatre-vingt cavaliersformés sur deux rangs , non compris la trouped’élite qui seroit de vingt hommes, etappliquéeà l’usage que j’ai exposé ci-dessus. J'appuyacette formation sur les raisons suivantes. Sup-posons que deux escadrons de quatre - vingtCavaliers chacun, aient à combattre un esca-