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SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE,précises? Ces rapports sont cependant la base de l’his-toire des guerres. Peu de généraux ont écrit leurspropres campagnes , et donné des commentairescomme César et Frédéric. Ces livres sont sans douteles meilleurs monuments de tactique ; mais les auteursparlaient d’eux-mëmes : l’amour-propre a-t-il pujamais être de bonne foi ?
Quant aux historiens , on doit encore moins sefier à la vérité de leurs détails ; n’ayant pas été témoinsdes événements , ils cherchent plutôt à rendre leursouvrages intéressants par la magie du style que parl’exactitude des faits. Ils enchérissent les uns sur lesautres , ornent les traits les plus saillants, supprimentceux qui leur paraissent entraver la rapidité dumouvemens ou refroidir la chaleur de l’action, etcherchent plutôt à composer un beau tableau sur lesujet , qu’à en empreindre une esquisse fidèle dansla pensée du lecteur.
Enfin , peut-on croire aux longs discours et auxbelles évolutions des généraux et des armées de Tite- Live ? Et quel vieux soldat de la guerre de 1745reconnaîtrait la bataille de Fontenoy au récit qu’enfait Voltaire ?
11 nous suffira de connaître le rôle que l’infanterielégère jouait chez les Grecs et les Romains , l’usagele plus habituel que l’on en faisait dans les guerres ,et sa composition ordinaire. Pour cela essayonsd’examiner l’ordonnance de leurs armées.