24 ESSAI HISTORIQUE
encore le casque , la cuirasse , le bouclier et cepilum avec lesquels les cohortes de César avaientété si bravement à la charge contre la cavalerie ; etlorsque quelques empereurs , les Trajan , les Titus ,les Adrien , voulurent s’appliquer à leurs armées ,lorsque les soldats qui n’avaient plus de patrie virentun père dans leur souverain , ils firent encore re-naître quelques-uns de ces beaux jours de disciplineet de courage auxquels durent toujours céderles barbares , quels que fussent leur fureur et leurnombre
Rien ne fut aussi méprisable que les armées duBas-Empire. Les soldats de ces empereurs , qui nes’occupaient que de discussions théologiques , quine parvenaient à la puissance que par des trahisons ,je poison et l’assassinat, pouvaient-ils être animésde cette grandeur d’âme qui fait supporter les tra-vaux avec patience et affronter la mort avec audace?Aussi cette soldatesque avait rejeté jusqu’à l’armuredéfensive , dont le poids n était plus tolérable poursa mollesse. Armée d’arcs et de frondes, elle n’osaitplus attendre de près son ennemi. On essaya en vaintous les moyens de résister à la cavalerie impétueusedes nations de l’Orient; en vain on protégea ces arméestimides par des balistes, des catapultes et autres grossesmachines que les Romains avaient trouvées tropembarrassantes pour les batailles , et qu’ils réser-vaient pour les sièges ; en vain on proposa à l’em-pereur Honorius des espèces de chevaux de frise :le courage avait déserlé les armées et le truite ; et,