Sa ESSAI HISTORIQUE
sous sa bannière cinquante, ou au moins vingt cinqhommes d’armes : comme chaque homme d’armesmenait avec lui deux ou trois archers, un écuyer etsouvent un page , tous à cheval et armés, le ban-nerct commandait une troupe de deux à trois centschevaux. Quoique l’accolade ne donnât au simplechevalier, qui n’était pas assez puissant pour leverbannière, aucun commandement effectif, le titrede chevalier n’en était pas moins l’objet de l'ambi-tion de tous les guerriers, à cause des honneurs dontils étaient comblés dans toutes les cours, et del’accueil distingué qu’ils recevaient partout et desseigneurs et des dames. L’honneur et la courtoisieétaient les vertus qu’ils devaient allier avec le cou-rage , et ces sentiments, qui naturellement portaientceux qui avaient des sujets à la justice et à la bonté,les engageaient tous à la défense du faible et de l’op-primé contre la force et l’injustice. La crainte ducombat singulier, qu’on ne pouvait refuser sansinfamie , rendait le chevalier pauvre et brave l’égaldu chevalier le plus puissant, et devenait souventle frein de ses tyrannies. Les dames , que l’on faisaitprofession d’aimer et de servir, entretenaient leurschevaliers dans ces beaux sentiments, et les inspi-raient de bonne heure aux jeunes écuyers qui aspi-raient à l’honneur de l’accolade.
La gendarmerie de France , composée ainsi dechevaliers et d’aspirants, avait acquis le renom de lameilleure cavalerie de l’Europe , et elle sut mêmesoutenir cette belle réputation, dans les croisades,