SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. n3
pas encore le secret de la guerre de mouvement ; on.ne connaissait que celle des positions et des lignes.Cette guerre est une guerre d’art et de tactique ; Mo-reau en fut le maître. La guerre de mouvement estune guerre de génie; Napoléon en fut le créateur;et je ne doute pas qu’à la place de Moreau il n’eûtécrasé successivement ces trois corps autrichiens,trop faibles pour nous résister isolément, et trop sé-parés pour pouvoir se réunir à temps.
L’armée française traversa la forêt Noire par leYal-d’Enfer, où l’on força deux bataillons autrichiensqui voulaient le défendre : quelques troupes de plus ,fet la p récaution qu'ils avaient prise de faire sauter unepartie des rochers qui dominent cet étroit passage eûtrendu notre position très-embarrassante. Le centreet l’aile gauche furent déployés en avant de Fri bourg , et l’on avait le projet de marcher sur Kellque les Autrichiens tenaient bloqué. Mais le princeCharles avait eu le temps de réunir ses corps ; il s’a-,vança à notre rencontre , nous chassa d’Emeldingenet de Waltinken , et nous rejeta de l’autre côté deFribourg .
L’aile gauche repassa le Rhin à Brisach, et se portapar Strasbourg au secours de Kell, d’où elle espéraitpouvoir déboucher pour faire une diversion. Le géné-ral Férino qui, placé en potence, gardait les débou-chés de la forêt Noire , fut remis en ligne avec lecentre, et nous continuâmes à nous retirer dans cetordre sur la route d’Huningue jusqu’à Schliengen et Liel , où l’on fit séjour.
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