iSa ESSAI HISTORIQUE
ainsi que le gilet. Que l’on se garde bien de faire cepentalon collant ; qu’il soit large, facile à mettre et àôter. Avec cela , la demi-guétre et de bons souliers,votre soldat sera très-dispos à la marche.
Quant à l’habit, c’est un prix à proposer à nosmaîtres-tailleurs : réunir la grâce et l’élégance de lacoupe et de la forme à la commodité; car, enfin, ilfaut qu’un habit couvre. Je sais qu’à l'infanterie lé-gère il faut un habit court ; mais ne pourrait-on pasfaire d’autres revers que ces revers à l’américaine,pièces inutiles à l’habit, et qui ne remplissent aucu-nement le but du revers, qui est de croiser sur lapoitrine ?
Je l’ai éprouvé dans mes campagnes; rien n’estcommode et sain comme un habit dont la formecouvre ou découvre à volonté la poitrine. Ainsi donc,j’ordonnerais au tailleur de couper ses revers de ma-nière à les faire adapter parfaitement sur l’estomac,en se croisant ; sauf à lui à épuiser son génie pourconserver l’élégance du revers, lorsque l’on ne vou-dra que crocheter l’habit pour les parades. Au de-meurant , puisque l’on donne un habit court au chas-seur , ce n’est sans doute pas par économie ; autre-ment il faudrait le donner à toutes les troupes. Ainsi,je demanderais que l’on consacrât l’économie de cedrap à quelques ornements de plus dans l’habit ; carje veux servir en cela l’amour-propre du soldat fran çais , à qui il faut, avant tout, que son uniformeplaise. Je n’ai pas besoin de dire qu’il faudrait punirle tailleur comme un fripon, si l’habit était élroit, les