4 où ESSAI HISTORIQUE
pliant 2400 coups par dix, il se trouvera qu’avantd aborder l’ennemi, nous aurons tiré 24,000 coupsde fusil, et quand le dixième seulement aurait porté,c’est toujours 2400 hommes tués ou blessés sur uneligne de 8 à 10,000 hommes, et, à coup sûr, lesfeux collectifs des bataillons ennemis n’auront pufaire autant de ravage sur les fronts étroits de nosmasses et sur des hommes éparpillés (1).
Continuons le plan de la bataille dans l’ordre pro-posé. L’ennemi rompu et sa ligne percée, les tirail-leurs se jetteront au travers à corps perdu ; partiepoursuivra les fuyards, partie ira s’étendre derrièrela ligne et tirer à dos des bataillons qui tiendraientencore. Ce sont également eux qui forceront les ca-nonniers à abandonner leurs pièces , et s’en empare-ront. Sur ces entrefaites, des pelotons de cavalerie,postés derrière mes masses, profiteront des inter-valles ménagés entre elles pour se porter en avant.Cette arme devra compléter la victoire , soit en rom-pant les bataillons d’infanterie qui se retireraient euordre, soit en chargeant la cavalerie ennemie quiprotégerait leur retraite. Les bataillons de premièreligne, poussant toujours leur pointe, se garderont
(1) Si l’on veut, je supposerai encore moins de coups defusils, et je les réduirai à 18,000 ; mais n’ayant que des tirail-leurs adroits exercés , ils doivent toucher au moins le dixième,de leurs coups ; quand l’ennemi , avant d’être abordé , n’auraitperdu que 12 a i 5 oo hommes , il y aura assez de désordre pourqu’il ne puisse pas soutenir le choc de nos masses,