4o8 ESSAI HISTORIQUE
donner aux officiers des voltigeurs pour leur con-duite dans une affaire de poste. Vouloir les préciserdavantage, ce serait donner des entraves à leur génie ;car notre nation a particulièrement le génie de cessortes d’affaires , et c’est dans de telles entreprisesque l’ardeur, l’adresse , l’intelligence et les ressourcesde l’officier et du soldat brillent à l’envi et font exé-cuter , dans la chaleur du moment et au milieu dudanger, des choses que le sang-froid aurait jugéesimpossibles ; c’est ce qui faisait dire à un ancienofficier-général français, en parlant de la prise d’unposte d’un abord très-difficile: « Monsieur, il fallait» une grêle de mitraille et de balles pour pouvoir» monter là ! »
Dans la poursuite de l’ennemi, l’officier s’appli-quera à rallier autour de lui le plus de ses gens qu’ilpourra ; car dans le succès il n’y a toujours que tropd’hommes en tirailleurs et en avant ; il les suivrapour les souteuir et donner un coup de main quandil sera question de prendre ou détruire quelques grosd’arrière-garde; mais il ne s’éloignera pas trop, etregardera toujours derrière lui pour voir s’il est suivipar quelques bataillons ; s’il trouve des morceaux deplaine , il ne s’y aventurera qu’avec la cavalerie, etencore, avant tout, il prendra une position aux der-nières difficultés de terrain, fera sonner le ralliementpour rappeler ses tirailleurs et les empêcher de s’en-gager. Il profitera de ces momens pour retenir prèsde lui les tirailleurs trop fatigués, les remplacer etdistribuer des cartouches ; c’est pourquoi on aura