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Tome premier.
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XIV
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XIV DISCOURS

dont aucune ne peut être pleinement heureuse & puis-sante, sans une libre & entiere correspondance d’échanges, desecours, de bienfaits, & de lumières. ,

Ce seroit un tableau bien intéressant & bien instructif, quecelui de toutes les fautes qui ont été faites , depuis quelquesíiecles, contre les principes dé la faine politique. En s’accoûtu-mant ainsi à examiner l’instuence que ces fautes ont eu fur lesévénemens, & les fautes nouvelles dont ces événemens ont étéla source à leur tour ; en apprenant à démêler la trame decet enchaînement fatal, on trouveroit la solution de la plu-part des faits, si mal expliqués par les mots vagues de hasard& de fortune, trop prodigués dans nos histoires.

Une cause , qui dans la plupart des gouvernemens contribueencore à rendre la politique si imparfaite, c’est la mobilitécontinuelle des ministères. Eh ! Comment les lumières politi-ques pourroient-elles s’y perpétuer & s’y étendre ? L’intrigue& le hasard placent & déplacent les ministres. Elevés à cespostes, ils songent plus à les conserver, qu’à les remplir. Fati-gués par la cabale & l’envie, il ne leur reste ni la force, ni letemps de corriger les vices de Tadministration,. Le système deleur prédécesseur n’eít jamais le leur. Supposons même ces mi-nistres avec du génie. Ils font hommes, il faut qu’ils fe formentdes fous.-ordres, des principes, un plan. Calculons donc ; tantde fautes par leurs erreurs; tant par leurs passions; tant par leserreurs & les passions de leufs employés. Sont-ils fans génie ?Us ne trouvent rien qui les instruise, ou les appuie. L’étatn’ayant point de système, ils n’y savent pas suppléer. Ils gou-vernent, comme ils vivent, du jour à la journée,. Au lieu demaîtriser les événemens, ils font maîtrisés par eux. Les détailsles absorbent. 11s tiennent dans leurs mains quelques fils del’administration , & en laissent aller les grands ressorts.

L’histoire nous fait voir des rois qui ont gouverné leursétats eux-mêmes, ou des ministres qui ont gouverné leurs maî-tres , procurer à leurs nations quelques succès éphémères. Ri-chelieu si t de grandes choses. Louis XIV. eut ses éclairs de bon-heur. Alberoni parut un moment ranimer l’Efpagne. La Prus-se , élevée au-dessus de sa sphere , par les talens de son roi,étonne aujourd’hui l’Europe. Mais remarquons-le : jamais na-tion n’a eu de prospérité réelle & durable , que quand, par la