PRELIMINAIRE. Partie I. xvnïìeure , quand elle a préparé le dedans de l’état, disant à la po-litique extérieure : „Je vous remets une nation heureuse & puis-santé : ses campagnes sont fécondes :ses denrées font plus que,, suffisantes à ses besoins : la population y est nombreuse & en-couragée : les loixy sont respectées, les mœurs y font pures :„le vice s’y cache , la vertu s’y montre, & n’attend que d’être,, employée. Achevez mon ouvrage : faites considérer au dehors5, ce peuple que je rends heureux au dedans. Mettez à profit ce„ patriotisme que j’ai fait naître dans tous les cœurs, ces vertus5 , guerrières dont j’ai fécondé le germe : formez des défenseurs à,, ces moissons : que leur produit, qui n’est point absorbé parmes5 , impôts, ne soit point dévoré par des armées étrangères : ap---3, peliez les étrangers dans ses ports. Ouvrez des débouchés à son„ commerce. Rendez son alliance précieuse. Faites redouter ses„ armes, & jamais son ambition. "
La politique intérieure ayant ainsi préparé une nation, quel-les facilités ne trouve pas la politique extérieure , à détermi-ner le système de ses intérêts vis-à-vis de l’étranger , à formerune milice redoutable ! Qu’il est aisé d’avoir des armées invin-cibles , dans un état où les sujets font citoyens, où ils chéris-sent le gouvernement, où ils aiment la gloire , où ils ne crai-gnent point les travaux ! Qu’une nation devenue puissante paríès ressources intérieures , doit en retirer de considération audehors ! Qu’alors ses négociations diminuent de complication,
& acquerront de poids ! Que fa maniéré de les conduire, peutdevenir franche & ouverte ! C’est la foiblesse de nos gouverne-mens qui met, dans leurs négociations, tant d’obliquité & demauvaise foi. C’est elle qui fomente la division entre les peuples,qui tâche de corrompre réciproquement les membres des admi-nistrations. C’est elle qui fait que toutes les nations s’efpion-nent entre elles ; que les unes soudoient les autres ; qu’ellesachetent la paix ; qu’elles se suscitent mutuellement des troubles& des embarras. C’est elle qui dicte ces rivalités , en tout gen-re , basses & nuisibles ; cet empiétement perpétuel d u com-merce d’une nation fur le commerce de l’autre ; ces loix pro-hibitives ; ces droits qui repoussent l’étranger; ces traités quifavorisent une nation , au préjudice des autres ; ces calculs chi-—mériques de balance d’exportation & d’importation : moyensmisérables & compliqués , qui, au bout d’un siecle, n’ont rienTome /. c