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Tome premier.
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XVIII
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XVIII

DISCOURS

ajouté à la puissance du gouvernement qui les a le plus adroi-tement employés. C’est la faiblesse de nos gonvernemens, enun mot, qui craint la prospérité des autres nations ; qui vou-droit toutes les affaiblir, ou les corrompre .-politique semblable àcelle qui leur fait affaiblir ou corrompre leurs propres sujets :politique bien différente de celle d’un bon gouvernement qui,fans chercher k contrarier le bonheur 6c la puissance de ses voi-sins , tácheroit de s’élever au-dessus d'eux par ía vigueur & parses vertus.

C’est de-même la faiblesse de nos gouvernemens, qui rendnos constitutions militaires si imparfaites & si ruineuses. C’est:elle qui, ne pouvant faire des armées citoyennes, les fait sinombreuses. C’est elle qui, ne sachant les récompenser parl’honneur , les paie avec de l’or. C’est elle qui, ne pouvantcompter sur le courage & la fidélité des peuples, parce que lespeuples font énervés &; mécontens, fait acheter au dehors desmilices stipendiasses. C’est elle qui hérisse les frontières de pla-ces. C’est elle enfin qui est occupée k éteindre les vertus guer-rières dans les nations , k ne pas même les développer dansles troupes , parce qu’elle craindroit que de-là elles ne se ré-pandissent chez les citoyens, & ne les armassent un jour con-tre les abiìs qui les oppriment. Je reviendrai, dans l’inítant,surce qui concerne les constitutions militaires, cette partie de lapolitique si importante & si négligée. Achevons de dire ce quiempêche nos gouvernemens de se conduire d’après les princi-pes de la science vaste & intéressante que je viens de définir.

Cette science , envisagée sous le point de vue que j’ai pré-senté , n’est traitée dans aucun ouvrage. Elle n’est l’objet del’éducation d’aucun homme principal ; peut-être pas même ce-lui des recherches d’aucun particulier. Delà tous les hommesque la fortune porte à la tête des administrations, ne font pasdes hommes d’état. Ils ont tout au plus étudié quelques par-ties de l’administration ; les autres leur font inconnues. Ils lesdirigent au hasard, & selon la routine établie. L’étude , qu’ilsont faite de quelques parties de l’administration , devient mê-me funeste aux autres parties ; parce qu'alors celles qu’ils con-noissent, font k leurs yeux les seules importantes , les seulesprivilégiées. Ils s’en occupent , à l’exclusion de celles qu’ilsne connoissent pas ; & ces dernieres font abandonnées à dessous-or dr es.