PRELIMINAIRE. Partie L xximomentanés, fur les talens d’un grand homme, en un mot,fur tout ce qui peut ne pas durer ; un tel état fera facile à -gouverner; fa politique extérieure pourra être uniforme «Scstable. II ne craindra rien de fes voisins, il ne voudra rien en-treprendre fur eux. Au dehors il aura la considération qu’inf-pirent la modération «Sc la force. Sur fes frontières veillera unemilice redoutable & citoyenne. Au dedans prospérera un peu-ple abondant «Sc vertueux. Que lui importeront les intriguesdes autres puissances, les pallions des hommes qui les gouver-nent , les guerres qui les déchirent ? II ne fera pas jaloux deleur richesse. II ne le fera pas de leurs conquêtes. II n’ira pasles troubler dans leurs possessions lointaines. II fait que trops’étendre, c’est s’affoiblir; que des colonies éloignées, si ellesfournissent à un commerce de luxe, entretiennent les vices dela métropole ; que, si plus heureuses elles peuvent tout tirerde leur sein , elles fe fortifient «Sc fe détachent, tôt ou tard,de cette injuste métropole qui veut trop les asservir. II n’em-piétera pas fur leur commerce. II n’aura besoin ni de règlementni de traités, ni de calculs de prétendue balance. II fait que lesdenrées appellent les échanges; que, pourvu qu'on leur appla-nisse des débouchés, elles s’y portent d’elles-mêmes, «Sc lansavoir besoin d’encouragement. A rentrée de ses ports , auxbarrières de les frontières seront inscrits ces mots qui forme-ront, tout le code de son commerce : Liberte’ : Surete’:Protection. Ces avenues toujours ouvertes, ne fe fermerontque pour le luxe & les vices : os il ne craindra pas que ces poi-sons funestes s’introduifent en fraude. II ne fe fait de contre-bande, que quand il y a des acheteurs ; que quand les objetsfont prohibés' par la tyrannie du gouvernement, ou par Fava-rice du sise; que quand le gouvernement, inconséquent «Sc foi-ble, tonne contre elle, «Sc la toléré , ou la favorise en secret.Mais ici la' politique intérieure fera vigilante & ferme ; elle auraproscrit, dans l’opinion publique, le luxe & les vices. L’assen-timent unanime de la nation les regardera comme les fléauxde fa prospérité. Où se cacheroient-iís dans cette térre, qui leurest étrangère ? Dénoncés par tous les citoyens, poursuivis parle gouvernement, ils n’y trouveront point d’afyle.
Cet état aura rarement à négocier avec fes voisins. Presquetous les intérêts, des autres nations lui seront indifférons. II aura