DE T A C T I Q.U E. Partie L rr
un fans contredit, qui est le plus court, le plus simple 8c le plus con-forme au méchanisme du corps.
II est encore moins indifférent que cette méthode soit déterminée parles ordonnances du souverain d’une maniéré si précise , si claire , si dé-taillée , que personne n’y puisse rien changer 8c innover. Car de l’arbi-trairc autorité à cet égard s’ensuivcnt les fluctuations perpétuelles deprincipes, ces détails élémentaires étant à la portée de tous les esprits ;le dégoût des troupes, 8c la perte d’un temps précieux qui scroit plusutilement employé à d’autres parties d’instruction.
Le premier objet auquel on doit s’attacher quand on dresse un sol-dat , c’est de lui donner l’air 8c la démarche militaires. 11 acquerra bien-tôt l’un 8c l’autrc, si les exercices de corps, remis en honneur 8c encoutume dans la nation, l’ont déja occupe les dimanches 8c fêtes dansson village, 8c si arrivé dans les troupes ils continuent de faire l’objet deses jeux 8c de son émulation. Quel est l’esset des exercices de force 8cd’adresse ? C’est d’assouplir le corps, de placer tous les membres dansleur équilibre,'de donner à chacun d’eux toute l’action dont il est sus-ceptible. Que reste-t-il à ajouter à cela pour donner l’air soldat à unhomme ainsi assoupli 8c formé ? C’est le port de tête, l’assurance du pas,la fierté du maintien. II les prendra bientôt, si l’état de soldat est enhonneur, si en élevant son aine on l’accoutume à estimer sa profession 8cà se croire ennobli par elle.
II s’agit ensuite de donner au soldat la position de combat, c’est-à-dire, la position qu’il doit avoir dans le rang 8c dans la file, d’abordfans fusil, puis avec son fusil. II la prendra bientôt, si elle n’est ni gênanteni forcée, c’etì-à-dire, lì elle n’est point contraire à la méchanique ducorps. La nôtre ne lui est certainement pas conforme ; il n’est pas dansla nature d’avancer beaucoup la poitrine, ni de porter le ventre trop enarriéré, ni de tourner la tête à droite ou à gauche quand on veut mar-cher devant foi, ni de rester tour à tour en équilibre fur un pied , ni enfind’amcner un homme à cette position en le mettant à la muraille, à laplanche 8c à toutes les tortures inventées par nos tacticiens subalternes,.Veut-on une preuve que notre position n’est ni simple, ni analogue auméchanisme de nos membres ? Qu’on entre dans la plupart de nos écolesd’exercices, on y verra tous ces malheureux soldats dans des attitudescontraintes 8c forcées, on verra tous leurs muscles en contraction, la cir-culation de leur sang interrompue; ajoutez à cela la bizarrerie de notrehabillement qui les oppresse, qui serre toutes les articulations, la plâtre rou-tine des gens qui les enseignent, l’incertitude 8c l’inconstance des principes.
Etudions l’intention de la nature dans la constiuction du corps hu-main , 8c nous trouverons la position & la contenance qu’elle prescrit,clairement de donner au soldat.
Le soldat doit se tenir droit, les épaules effacées, là poitrine ouverte yparce que ce n’est que dans cette situation que l’estomac 8c le dia^ra-gme peuvent opérer bien à Taise la digestion 8c la respiration. Les^Mm—