ZZ ESSAI GENERAL
les étant effacées & la poitrine ouverte, ce poids porté en avant faitnécessairement rester le ventre un peu en arriéré pour lui servir de con-trepoids. Trop en avant ou trop en arriéré, le ventre 6c la poitrine neseroient plus dans cet équilibre qui peut seul produire l’aiíance 6c laliberté des mouvemens ; les muscles du bas-ventre seroient nécessaire-ment quelqu’cffort pour prendre cette position extraordinaire , 6c au-cune partie du corps ne doit agir fur elle-même, c’est-à-dire, faire effort6c contraction quand le corps est dans son état de repos ; les reins, quifont l’appui 6c l’arc-boutant du tronc humain, ne le soutiendroient plusquarrément fur les hanches qui en font comme le socle 6c la base.
Les mains doivent être pendantes fur le côté fans soldeur, fans affe-ctation, abandonnées à leur pesanteur, de maniéré en un mot qu’ellesfassent deux balanciers abaissés par des poids égaux 6c qui maintiennentles épaules fur une ligne horizontale.
La tête doit être droite, dégagée hors des épaules, 6c assise perpendi-culairement au milieu d’elles. Elle doit n’être tournée ni à droite ni àgauche ; paître que, vu la correspondance qu’il y a entre les vertébrésdu col Lc l’omoplate auxquelles elles font attachées, aucune d’elles nepeut agir circulairement fans entraîner légèrement du même côté qu’elleagit, une des branches de l’épaule, 6c qu’alors le corps n’étant plus placéquarrément, le soldat ne peut plus marcher droit devant lui, ni servirde point d’alignement.
Les genoux doivent être bien tendus, les deux talons fur une lignedroite à deux pouces l’un de l’autre, 6c non exactement joints, les piedslégèrement tournés en dehors. Je propose de placer les talons à deuxpouces 6c non exactement joints comme nous le pratiquons, parce quedans cette premiere position la ligne du centre de gravité du corps tom-bant fur un plan plus spacieux , le corps est plus ferme 6c plus soli-dement établi.
Le soldat étant ainsi placé, il doit garder l’immobilité 6c le silence,6c malgré cela ressembler, non à un automate, mais à une statue animée6c prête à agir.
Lorsque le soldat sera bien accoutumé à prendre cette position delui-même, sans efforts, 6cmoins comme exercice que comme le place-ment naturel de , son corps , on lui fera porter en avant êc ramenersuccessivement 6c alternativement les deux jambes, de maniéré que lemouvement parte de la hanche 6c que le haut du corps ne chancelépas. On le placera ensuite arme à l’épaule, c’est-à-dire, qu’on lui ap-prendra à porter son arme fans qu’elle dérange les principes de positionétablis ci-aessus. Cherchons encore dans la nature, 6c nous allons voirla maniéré la moins gênante dont l’arnje doit être portée.
II faut que le soldat puisse porter son 'fusil de maniéré que son poidsne l’incommode que le moins qu’il est possible, 6c ne nuise point à laprécision de Tordre de son rang Lc de ía file ; aucun de ces objets n’estrempli par notre port d’arme actuel. Le fusil est chancelant 6c comme