48 ESSAI GENERAL
direct:. Seulement le soldat avancera légèrement l’épaule droite, s’il tireà gauche afin d’ajuller plus facilement. Ainsi une compagnie étant ran-gée en E, je la ferai tirer au but F tout comme au but G qui est lebut direct. IDe-même un bataillon étant formé en H-, je ferai croiser lestirs de la premiere 6c de la seconde division pardevant la troisième quiest au centre 6c qui aura les siens directs. Enfin trois bataillons ctant ,fur la même ligue, je réunirai les feux du premier Lc du second parde-vant le troisième qui fera alors ma courtine.
J'exercerai donc l’infanterie relativement à ces vues. Le feu ordinaire6c habituel fera le feu direct. Je commanderai ausil, quand je le voudrai,à une division de mon bataillon , ou à un bataillon de mon régiment,f'eu oblique à droite , ou feu oblique à gauche. Si je veux donner plus d’o-bliquité à mes tirs flanquans 8c les faire converger à une distance plusrapprochée de mon front, j’écharperai légèrement l’alignemcnt des di-visions ou bataillons qui me donnent ces tirs, 6c je les porterai en I, Kou L suivant mes vues de direction. r
Examinons maintenant dans quelles circonstances 6c jusqu’à quel pointl’obliquité 6c la convergence des tirs peuvent être avantageuses ,ann dedéterminer les occasions où il faudra s’en servir; i°. si l’ennemi venantfur moi en colonne, ou fur un front inférieur au miey, il me donneprise fur fqs flancs. z°. S’il ne s’attache qu’à une partie de mon front,alors les parties qu’il n’attaquera pas, peuvent prendre des revers fur luiou du moins croiser leurs feux avec ceux de la partie attaquée. 3 0 . Jepeux enfin me servir des tirs obliques, même quand l’ennemi viendroita moi fur un front égal au mien, parce que mes feux étant réunis 6c cou-vergens, ils en seront plus meurtriers, puifqu’il n’y aura aucune partiede mon front qui ne soit traversée 6c battue par eux.
II faut observer toutefois qu’à moins qu’on n’ait, par la position duterrein, quelques troupes dans des points flanquans en avant de la ligne,il est nécessaire, pour que la protection que les feux obliques 6c croiséspeuvent donner à un front attaqué ait son plein effet, que les tirs nesoient rendus obliques que quand P ennemi est environ à 60 ou 80 toi-ses, 6c qu’il n’y ait jamais qu’un seul bataillon au plus qui croise fes feuxavec ou pardevant lc bataillon voisin. C’est cette théorie des tirs qu’ilest bien important que les officiers méditent Lc réduisent en pratique.D’elle peut dépendre, je crois, le succès de la plus grande partie desactions de guerre, soit qu’on défende un poste, soit" qu’on Patraque;car réunir le plus de feux possibles fur le point qu’on veut attaquer oudéfendre ; occuper les faillans qui le flanquent ou qui l’enfilcnt -, multi-plier les feux de ces faillans, 6c assujettir l’ennemi à passer fous eux,si l’on défend5 les éviter ou les éteindre, si l’on attaque : tout cela estdu ressort de la tactique comme de la science des fortifications, toutcela fe peut en campagne Lc avec des bataillons, fans retranchementcomme derrière des ramparts ou des tranchées ; mais il faut pour ceteffet que les officiers connoiffent les différences des directions des feux,
, ìes
/