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Tome premier.
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io6 ESSAI GENERAL

Qui peut en effet ne pas concevoir le dégré d’impétuosité , P élandéciiif, l’unanimité d’eftorts , que doit acquérir une cavalerie menéeainsi à la charge ? Qui peut disconvenir qu’à quantité inégale de com-battans , 8c môme souvent de courage , elle ne doive renverser uneligne venant à elle en ordre 8c avec lenteur, comme P ancienne cava-lerie Allemande, ou bien en désordre 8c a toutes jambes, comme lefaisoit la cavalerie Françoise. Quelle infanterie sur-tout peut se flatterde résilier à une impulsion pareille , si elle reste, comme elle est au-jourd’hui , nue 8c lans une ordonnance défensive , susceptible d’ôtreprise promptement contre l’attaque de la cavalerie ?

On vient de voir la vélocité de mouvement appliquée à faction decharge ; elle doit de-même avoir lieu dans toutes les manœuvres j carce principe , que j’ai posé en traitant des évolutions de l’infanterie ,que presque toute manœuvre étant un moment de crise £5? de foiblesse pourune troupe , par ce qu'elle y est désunie , il saut qu'elle en sorte le plutôtpossible , est commun aux deux armes.

CHAPITRE IV.

Ordonnance de la Cavalerie.

J^’ordonnance habituelle de la cavalerie doit être fur deux rangs.Ce n’est pas pour que son second augmente sa force de choc , car,comme je l’ai déja dit, où il ne peut y avoir pression exacte, la quan-tité de masse ne sçauroit s’acerpître ; mais c’est pour que le secondrang soit à portée de remplacer les pertes 8c les vuides du premier ;c’est pour qu’arrivé fur l’cnnemi 6c étant mêlé avec lui , ce secondrang augmente le nombre des combattans.

Mais , disent quelques officiers de cavalerie , il y auroit un avan-tage infini à avoir un troisième rang en entier, ou du moins aux ailesde P escadron ; souvent en allant à la charge, les escadrons s’ouvrent8c se désunissent ; souvent on auroit besoin d’étendre le front , soitpour déborder P ennemi, soit pour n’être pas débordé par lui ; le troi-sième rang bien exercé serviroit à remplir cet objet.

Un habile officier de cavalerie, avec qui je m'entretenois de cetteopinion, rn’en a proposé une qui me paroît meilleure 6c plus réflé-chie ; ce seroit d’avoir , au lieu de ce troisième rang , une petitetroupe d’élite, montée sur des chevaux plus légers que ceux de l’es-cadron, formée sur deux rangs 6c placée à vingt pas en arriéré , ouà côté de Pintervalle. Cette troupe, aux ordres d’un officier choisi,auroit pour objet de fermer Pintervalle, quand cela seroit jugé néces-saire , 8c quand cet intervalle s’ouvriroit au-delà de la distance ordon-née. Elle seroit exercée à gagner à toutes jambes, par cet intervalle,