DE T A C T I Q_U E. Partie L
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CHAPITRE VIII.
Mouvement de Charge.
ici l’action de combat de la cavalerie, Lc par conséquent sonmouvement important & décisif. On ne sauroit donc le figurer trop sou-vent dans les exercices, tant pour y accoutumer les chevaux Lc les ca-valiers, que pour former le coup d’œil des officiers qui le conduisent, &pour les habituer à saisir cet à-propos si précieux, de la connoissance 6cde l’emploi duquel dépendent presque tous les combats de cavalerie.
Je crois avoir démontré d’une maniéré sensible les principes & la théo-rie de faction du choc, la maniéré de se procurer la plus grande quantitépossible de vitesse, fans renoncer à l’ensemble de mouvement. Je crois en-core avoir démontré sensiblement la nécessité de cet ensemble de mouve-ment ; c’est lui qui produit l’unanimité d’efforts ; c’est lui qui concourt,avec la vitesse, a augmenter la force du choc; c’est lui enfin qui en im-pose à l’ennemi, qui le renverse, qui fait trouée ; car la cavalerie bat plu-tôt en effrayant, en dispersant ce qui s’oppose à elle, qu'en répandant dusang ; & dans ce sens-là c’étoit un homme qui, selon moi, connoissoitbien la propriété de la cavalerie, qu’un officier qui me disoit un jour,qu’il comptoir plus pour le succès d’une charge, fur la quantité de vi-tesse fie d’ordre de son escadron, que sur la trempe de ses armes.
Tous les mouvemens de charge de la cavalerie doivent se faire en ba-taille. II peut y avoir une ou deux occasions où il soit avantageux de char-ger en colonne; c’est le cas, par exemple, où il s’agiroit d’attaquer.uneinfanterie environnée, sur-tout fi elle présentoir mal-adroitement un flanc,ou des angles dégarnis de feu, 8c fur la capitale desquels il fût possibled’arriver presque à couvert. Quelles doivent être alors ces colonnes ? Cene seront pas des troupes ferrées ôc pressées les unes derriere les autres ; ceseront des demi-efeadrons, ou des escadrons se suivant à trente, quarante,ou cinquante pas d’intervalle entr’eux, se portant ainsi sur l’infanterie parune succession continue d’efforts, 8c pouvant, au moyen de leurs inter-valles, manœuvrer s’il en étoit besoin, soit pour changer la direction deleur attaque, soit pour n’être pas renversés par le mauvais succès des es-cadrons qui les précédent. Ces sortes de colonnes ne devront pas être com-posées de beaucoup d’escadrons, parce qu’il vaudra mieux les multiplier&c en attacher à tous les angles à la fois, que d’en former de considérables,qui, par leur profondeur, ne feroient que donner plus de prise au feu del’ennemi, fans augmenter l’effet de 1a charge; car supposé que le premierescadron ou demi-efeadron de cette colonne soit battu, le second, letroisième,le quatrième, 8c peut-être le cinquième & le sixième pourrontrenouvelles des efforts décisifs ; mais que ces quatre ou cinq premiers efea-
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