irr. ESSAI GENERAL
tres moyens, par de l’infanterie, par de l’artillerie, par des ouvrages defortification, qui seront les bastions 6c les contreforts de fa position, tan-dis qu'il placera fa cavalerie en arriéré des courtines, pour qu’elle puisseprendre carrière fur l’ennemi qui tenterait d’y pénétrer ; on le verra sa-voir se passer entièrement de cavalerie à une aile, pour la réunir toutepar des manoeuvres très-rapides, fur un point où il prévoira en tirer parti.Car tel est l’avantage qu’on peut retirer de la tactique exposée dans cetouvrage, que l'homme de genie n’ayant, je íiippofe, que quatre-vingt es-cadrons dans une armée, contre cent escadrons dans l’armée ennemie,fçaura par la combinaison de ses déploiemens 6c des dispositions de sonordre de bataille, porter soixante escadrons où Pennemi n’en aura quecinquante, 6c battre par conséquent ces cinquante escadrons, avant qu’ilsaient reçu du renfort, tandis que les vingt qui lui resteront, seront àl’abri, ou par leur éloignement, ou par le terrein où ils seront placés , oupar l’appui que leur fourniront les autres armes, de craindre les effortsde Pennemi.
Tout ce que j’ai dit ci-dessus, est en plus grande partie relatif à lagrande tactique, puifqu’il y est question de manœuvres en ligne 6c demouvemens d’armée. Mais j'éprouve toujours que, dans des discussions pa-reilles, il est impossible de s’arrèter. Comment parler des détails, fans je-ter un coup d'œil fur leur résultat ? Comment expliquer le jeu particu-lier des ressorts , fans faire appercevoir l’influence qu’ils doivent avoir furPensemble de la machine.
Reprenons quelques observations importantes fur la maniéré d’excrcerla cavalerie aux mouvemens de combat. Le plus important 6c le plusdifficile de ces mouvemens, est la marche en bataille. Elle peut avoirdeux objets : le premier, de s’approcher de Pennemi, pour se mettre enmesure de le charger, 6c alors c’est un mouvement préparatoire qui doits'exécuter au trot, la cavalerie ne devant jamais employer P allure dupas, que pour aligner 6c raccorder ses escadrons; le second, de char-ger Pennemi, c’est-à-dire, de parcourir la carrière pour aller à lui. On avu, dans les principes que j’ai exposés fur la théorie du choc, que ce quej'appelle charger en carrière , c’est parcourir, d’un mouvement progressif6c qui aille toujours en accélérant de vitesse, l’efpace qui sépare del’ennemi.
11 y a sur-tout deux points bien importans dans ce dernier mouve-ment, 6c auxquels on doit s’attacher dans les exercices de la cavalerie ;c’est io. que la ligne ébranlée arrive dans le plus parfait alignement pos-sible. De cet alignement qui doit être le résultat de l’égalité de vitesse6c de mouvement de tous les escadrons, dépend l’unanimité d’effortsfur toutes les parties du front de Pennemi. Quand je dis au reste, P ali-gnement le plus parfait possible, je n’exige point la minutie 6c la préci-sion d’un cheval 6c d’un escadron ne dépassant pas l’autre. Je veux feu-lement un accord suffisant entre tous les escadrons de la ligne, pour quetous les points de ces escadrons puissent être abordés à peu près tous à la