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Tome premier.
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142
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ESSAI GENERAL

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CHAPITRE III.

Inconvêniens d'une Artillerie trop nombreuse.

Q nest pas moi qui ai parlé jusquici. Je nai fait quexposer les opi-nions établies. Oscrai-je maintenant mélever contre un abus épidémiquevenu du nord de lEurope, 6c adopté dans le nouveau système, fansdoute parce quon a cru ne pouvoir se dispenser dimiter trois grandesouissances qui nous ont donne lexemple fur ce point? Je veux parler de'immense quantité dartillerie : abus que nous tenons de la Ruíîie, dea Prusse 6c de lAutriche.

Combien lhistoire de tous les siécles se ressemble ! 6c quil est éton-nant que cette similitude dévénemens ninstruise pas les hommes ! Dansla haute antiquité on n'eut dabord que quelques chariots armés en guerre,pour garnir les ailes 6c pour entamer le combat. Luíàge de ces chariotssaccrut peu-à-peu prodigieusement. Cyrus en trouva jusquà vingt-milledans larmée dAstyage, son beau-pere. Cette armée etoit en même-temps fans discipline 6c sans courage. II prit le parti de réduire à cinqcens cette quantité de chariots armés, exerça les troupes, les aguerrit,mit la science à la place de l'embarras , 6c battit larmée ennemie qui ,traînant à sa suite un nombre immense dattirails de guerre, navoit quede lembavras fans science. II en fut de-même pour les machines de jetqui succéderont à lusage des chariots armés. Les Romains aguerris 6cdisciplinés, pour tout dire en un mot, les Romains de la républiquenen avoient point à la fuite de leurs légions. Peu-à-peu on en eut quel-ques-unes pour battre les retranchemens, pour occuper les points prin-cipaux dans les ordres de bataille. Cette petite quantité relative 6c suffi-sante à lobjet proposé, pouvoit être regardée comme un progrès delartmilitaire. Òn en accrut successivement le nombre : la tactique déchut :les courages dégénérèrent ; alors linfanterie ne pût plus résister à la ca-valerie. 11 fallut de grosses machines de jet pour lappuyer : on en traînajusquà 30 par légion ; on en couvrit le front des armées ; les combatsRengagement par- ; souvent ils finissoient fans quon en fût venu auxmains. Ces temps furent ceux de la honte 6c de la ruine de lempire.

Suivons lhistoire de nos siécles : nous y verrons pareillement les na-tions placer leur confiance dans la quantité de leur artillerie, en raison de

bien intéreffante & bien instructive que celle de ce siégé publiée par lui-même. On Yreconnoîtroit toute lopiniâtreté & toute lhabileté que fit paroître autrefois Mr. deChamilly à Grave; & bien plus de génie encore dans les moyens de défense, outrecette différence sensible que Mr. de Chamilly commandoit à sa nation , au lieu queMr. de Gribeauval étoit au milieu dune nation étrangère, quil ne commandoit pasdans la place, & quil dut sy acquérir peu-à-peu lautorité & la prépondérance parfa conduite &. ses lumières.