itf ESSAI GENERAL
devront être attaquantes, ou attaquées, dans le temps qu’il refusera &mettra hors de portée de l’ennerni les parties de cet ordre qu’il dégarnirad’aitillerie. Les opérations de fa campagne feront calculées d’après laconstitution de son armée à cet égard , & d’après celle de l’ennemi.II fera vis-à-vis de lui une guerre de mouvement , il le désolera pardes marches forcées, auxqueíles l’ennemi fera contraint d’opposer descontremarches qui feront lentes , destructives pour les attirails prodi-gieux & attelés avec économie qu’il traînera à fa fuite , ou bien quiì’obligeront à laisser en arriéré la plus grande partie de ces embarras - yalors ils feront à armes égales, & il aura pour lui la perfection & lasupériorité de manœuvre des siennes. Enfin íût-il obligé d'attaquerl’ennemi, ou de recevoir son attaque , il ne se croira pas battu , parcequ’il aura moins de canons à lui opposer. Ses batteries mieux dispo-sées , mieux emplacées, mieux exécutées, des pieces d’un calibre plusdécisif, des prolongcmens plus habilement pris , lui donneront encorel’avantage. Eh quelles batailles ont été perdues parce que l'artillerie amanqué à l’armee vaincue ? Je vois par-tout que peu de pieces ontagi, & que beaucoup font restées dans l’inaction , ou faute d’empla-cement, ou faute de pouvoir atteindre à l’objet , ou faute de savoirles porter rapidement au point d'attaque.
Je serre , je presse mes idées : c'est ainsi qu’il faut présenter desdoutes. S’ìls contiennent des vérités , on en dit assez pour les faire ap-perc'evoir- ; s’ils n’en contiennent pas , on épargne au lecteur l’ennuid’une erreur pesamment détaillée. Tel est en deux mots le résumé dece que j’ai avancé ci-dessus : diminuer la quantité d'artillerie & faire con-finer la perfeílion de sart à tirer un grand parti d'un petit nombre de pieces ,à former la meilleure artillerie possible plutôt qu'à fe procurer la plus nombreuse.
Je vais maintenant parler de la tactique de l’artillerie , car il en existeune pour l’artillerie comme pour les troupes, une qui tient à celle destroupes, qui doit être calculée fur elle, ct qui, à beaucoup d'égards,peut lui être rendue analogue. Cette tactique se divise naturellementen deux parties, mouvement , exécution.
CHAPITRE IV.
Mouvement de l'Jrtillerie.
a science des mouvemens de l’artillerie embrasse toutes les dispo-sitions par lesquelles l’artillerie peut, dans un ordre de marche , marcheravec les troupes, ct ensuite, dans un ordre de bataille, se mettre enposition d’appuyer ces troupes par son feu.
Les mouvemens des troupes doivent absolument régler ceux de l’ar-tillerie. J’ai tâché de donner aux premiers toute la simplicité ct la ra-