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Tome premier.
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ifz. ESSAI GENERAL

Cette table particulièrement relative à nos pieces actuelles 8c tellesqu’on se propose de les employer à la première guerre, pourra servir àapprécier de-même les effets des pièces étrangères, dont les calibres decampagne ne diffèrent des nôtres, que parce qu’ils font de proportionimpaire, comme i ~J- i Z- 9- 7- & z. Quant aux dimensions des pie-ces étrangères, elles font différentes chez presque toutes les nations } maisces différences n’influents que par delà les portées raisonnables 8c certai-nes, toute comparaison à cet égard seroit minutieuse & inutile. Je diraiseulement qu’en général presque toutes les artilleries des autres nationscherchant à s’alléger, en même-temps qu’à s’augmenter, ont diminué lalongueur 8c la pesanteur de leurs pieces. II n’y avoit, la guerre der-niere , que les Anglois 8c nous qui eussions des petits calibres à longueproportion.

Je n’ajouterai point à cette table, des calculs fur le rapport des char-ges aux portées, c’est-à-dire, fur la quantité de poudre dont il faut queles charges soient composées relativement.au calibre des mobiles, à leurespece 6c à la distance à laquelle on veut les pousser. Je ne dirai pointsous quels angles de projection les pieces doivent être pointées pour entirer tèl ou tel effet. Ces connoissances appartiennent exclusivement àl’officier d’artillerie. C’est lui qui est chargé de l’exécution des bouchesà feu, 8c il suffit à l’officier commandant les armes de savoir qu’il peut,en telle ou telle position, - demander à l’officier d’artillerie de lui procu-rer des feux qui remplissent tel ou tel objet.

Mais une chose dont, pour cet effet, l’officier commandant les ar-mes doit avoir l’intelligence, comme l’officier d’artillerie, c’est l’art dechoisir les cmplacemcns , de disposer les pieces, de diriger les feux,de les ménager. Je vais tâcher de présenter ici les principes de cet art,de la maniéré la plus nette 6c la plus concise qu’il sera possible.

La disposition la plus avantageuse de l’artilíerie , considérée soit ducôté de Templacement, soit du côté de l’exécution, est sans contreditcelle qui rend ses effets les plus meurtriers 6c les plus nuisibles à l’ennemi.

Les coups les plus meurtriers étant indubitablement ceux qui par-courent la plus grande longueur fur le terrein occupé par les troupes en-nemies, il est certain que leur effet augmentera à' mesure que ces trou-

Î >es feront rangées fur une plus grande profondeur, puisqu’nlovs le bou-et ne cessera de détruire que quand il aura perdu fa force, 8c que quandmême il n’auroit pas touché les premiers rangs, il aura son effet de plon-gée ou de ricochet sur les derniers.

Pour obvier à ce prodigieux 6c meurtrier effet de l’artillerie, toutesles troupes de l’Europe ont abandonné l’ordonnance de profondeur,pour prendre avec raison un ordre plus mince 6c qui donne moins deprise aux tirs du canon.

Les troupes étant ainsi rangées, celles d’infanterie fur trois, 8c cel-les de cavalerie fur deux de profondeur, si l’artillerie ne tiroit que de buten blanc 6c droit devant elle , son feu seroit bien peu redoutable ; puisque

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