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Tome second.
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DE T A C T 1 Q.U E. Partie IL

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CHAPITRE PREMIER.

Marches d'Armée.

P a r marche d’armée , il faut entendre tous les mouvemcns quel-conques que peut faire une armée > 8c , la chose envisagée sous ce va-ste point de vue, elle devient une des plus grandes 6c des plus impor-tantes parties de la science militaire , c’est par les marches: qu’une ar-mée agit, se transporte d’une position à une autre, envahit, ou cou-vre de grandes étendues de pays ; c’est par les marches qu’elle surprendl’ennemi, qu'elle le prévient dans un point intéressant ; ce font les mar-ches qui la conduisent à la formation de tous les ordres de bataille 6cde toutes les dispositions offensives.

A mesure que la science de la guerre se perfectionne, en proportionde ce que les armées font commandées par des généraux plus habiles ,les marches deviennent plus importantes à bien combiner 6c à bien exé-cuter , plus fréquentes, plus décisives. Elles deviennent plus décisivesen ce qu’elles ont toujours alors une objet 'prochain , ou éloigné ; com-me de faire un diversion, 6c de porter la guerre fur un point inatten-du j ou de conduire à une action offensive , ou d’engager l’ennemi à uncontrc-mouvement qui le mette en prise, soit en tout , soit en partie.Elles deviennent plus fréquentes en ce que l’homme de génie peut rare-ment rester dans l’inaction ; son esprit apperçoit plus d’objets , embraíleplus de combinaisons, 6c là, par conséquent, où le général médiocrene volt que sa position à garder , ou l’impossibilité d’agir , il se présen-te , à l’imagination de ce premier , un mouvement avantageux qu’ilexécute. Elles deviennent plus importantes à bien combiner 6c à bienexécuter, parce que leur succès depend de leur combinaison 6c de leurexécution , tant dans l’eníemble que dans les détails ; parce que des fau-tes dans leur combinaison ou dans leur exécution , soit générale , soitintérieure , peuvent être adroitement saisies par l’ennemi, faire manquerce succès j 6c mettre l’armée en prise. Je vais faire voir , par des exem-ples , la vérité de ce que j’ai dit ci-dcssus, 6c comment au contraireles marches sont à peine des opérations dans des armées ignorantes 6cmal commandées.

Chez les Romains ( car, parmi les peuples de l’antiquité , il fautchercher celui dont l’histoire militaire est la moins douteuse ) jusqu’aumilieu de la seconde guerre punique, la science des marches n’étoit pasconnue. J'entends particulièrement la science des Marches-manœuvres ,terme que je fais parce qu’il exprime mon idée. Une armée sortoit deRome , alioit au-devant de l’ennemi, marchant fur une feule colonne,6c suivant le chemin qui conduisoit vers lui ; l’ennemi en faisoit autant

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