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Tome second.
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6 ESSAI GENERAL

va hir à la fois plusieurs pays, il avoir déja commencé quelque tempsauparavant, dans la guerre de Hollande , a former plusieurs corps d’ar-mee ; cela ne fit dès lors qu’augmenter , 6c toute l’Europe à l'envl levades armées plus nombreuses. Avec le nombre des troupes on accrut celuide l’artillerie. II fallut des équipages de vivres proportionnés. II auvoitété nécessaire qu’en raison de ces accroissemens énormes d’hommes 8cd'embarras, la tactique fît des progrès, qu’elle en fît particulièrementfur la partie des marches. Elle n’en fit pas. Des généraux médiocres fetrouvèrent chargés de plus grandes masses, 8c alors le genre de guerrechangea -, ne pouvant 6c ne sachant pas les remuer, étant la plupart dutemps embarrassés de les nourrir, ils firent moins de marches, ils renon-cèrent à la guerre de 'mouvemens , ils introduisirent celle de positions. Setrouverent-ils inférieurs? Ils s’enfermerent dans des lignes, dans descamps retranchés j en un mot, il ne fe fit plus rien de hardi, rien dedécisif, on ne fit plus ce que j’appelle la grande guerre.

Au milieu de cette quantité de généraux qui ont commandé les ar-mées Françoifes depuis cette époque, s’il en a paru quelques-uns deplus heureux, c’est parce qu’ils fe sont rapproches des anciens principes.Ce fut par des marches hardies êc rapides que Vendôme conserva la cou-ronne d’Espagne à Philippe V. Ce fut une marche offensive qui sauva laFrance à Oenain; ce fut par une campagne de marches & de mouve-mens, que Créqui s’immoitalifa fur la Sarre 6c fur la Moselle. Mais pourparler du général de Louis XIV. qui commandant de grandes arméesfut le mieux îes remuer, le maréchal de Luxembourg, il faut voir dansses campagnes, il faut lire dans fes dépêches combien il croyoit les mar-ches importantes, combien il leur a dû de succès. Ce fut fous lui, cefut étant maréchal-général des logis de son armee, que lé maréchal dePuisegur jeta le plan d’une partie de ces combinaisons de marche qu’ildéveloppa depuis dans son traite fur l’art de la guerre. C est une théo-rie bien imparfaite, bien compliquée, que celle au maréchal ; mais alorselle n’étoit pas fans mérite, elle apportoit quelques^lumières au milieudes ténèbres. II eût même été heureux qu’elle eût paru plutôt, 6cqu’elle eût été méditée ; c’étoit enfin le premier ouvrage dogmatiqueíur la grande tactique des armées. Les ignorans le regardèrent commeun chef-d’œuvre, les gens instruits, les gens de guerre y virent beau-coup d’erreurs à côté d’un petit nombre de vérités ; ils sentirent que lemaréchal n’avoit pas touché le but, que notre tactique etoit vicieuse,qu’elle avoir besoin d’être changée, d’être refondue pal un homme degénie. Le maréchal de Saxe, qui auroit pu faiie cette révolution, quiPauroit peut-être faite s’il avoir vécu, s’il avoit joint plus d’amour dutravail à fes grandes Qualités pour la gucirc^ fentoit ce beíoin. 11 le difoitsouvent, il. écrivoit en 17so à M. d’Argenfon, que toutes les troupesde l’Europe, aux Prussiennes près, qui commençoient à s’éclairer, étoientmal constituées, 6c incapables d’exécuter de grandes manoeuvres. II lerépete dans fes rêveries : on y voit combien il est indigné de 1a lenteur

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