Band 
Tome second.
Seite
9
JPEG-Download
 

DE T A C T I Q_U Ë. Partie IL í>

une seule Sc même opération. Je ferai voir comment cet enchaînementexiíle. Commençons par établir des réglés fur le premier objet dont ondoit s occuper pour mettre une armée cn marche j je veux dire Youver-ture des chemins. Nous en déduirons la maniéré dont l’armée doit fe for-mer en ordre de marche ; cela nous menera à poser les principes des mou-vemens qui doivent la mettre en ordre de bataille. Cette théorie est par-ticulièrement relative à la troisième efpcce de marche , dont j'ai parléci-dessus, Sc ne peut, qu’en quelques points, être appliquée aux deuxautres, puifqu'elles n’ont pas pour but de conduire l’armée à une dis-position de combat.

CHAPITRE II.

Ouverture des Marches.

U ne armée rangée dans Pordonnance actuelle , Sc fur-tout unearmée composée , comme le sont aujourd’hui les nôtres , de beau-coup d’hommes , de chevaux , d’attirails Sc d’embarras , ne peut femouvoir Sc, à plus forte raison , exécuter une marche en ligne , trou-vât-elle même des plaines assez vastes' Sc assez continues pour la rece-voir ; car l’étendue de son front rendroit les mouvemens si lourds Sc silents, qu’ils feroient impraticables.

Elle ne peut fe mouvoir fur une feule colonne, parce que Pimmenscalongement de cette colonne ralentiroit la marche , augmenteroit la fa-tigue des troupes, Sc mettroit l'armée en danger d’ètre battue êc ren-versée , avant qu'elle pût se former.

II faut donc que, pour exécuter une marche , l’armée se partage enplusieurs corps ou colonnes, qui , suivant chacun des chemins diffé-rons , arrivent fur la môme direction, Sc soient en mesure de pouvoir ,par des mouvemens combinés entr’eux , prendre une disposition généralede combat. Quand je dis sur la même direction , c’est-à-dire , vers lemême objet , car la disposition de la marche peut être telle qu’onveuille porter une partie de l’armée sur le flanc de l’ennemi, tandis qu’onen portera le reste fur son front ; Sc alors, quoique la direction de tou-tes les colonnes ne soit pas précisément la même , toutes cependant con-courent au même objet, qui est de prendre un ordre de bataille Sc d’at-taquer l’ennemi.

Les marches d’armée devant s’exécuter fur plusieurs colonnes , il fautqu’en conséquence chacune de ces colonnes ait un chemin ouvert oureconnu , ou du moins une direction fur laquelle elle puisse s’avancerà l’aide des travailleurs qui font à fa tête. J’établis ces différences ; parcequ’il est possible que le défaut de temps ou l’ennemi n’aient pas permisd ouvrir le chemin à l’avance , ou qu’ils aient permis de le rcconnoîne

Tome II. 51 r b