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Tome second.
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DE T A C T I Q^U E. Partie //. 1 3

pendant, chargé de 1a direction générale de l’ouverture de la mar-che , jè suis, comme je Pai dit ci-dessus, en avant des travailleurspour en rcconnoître le front, pour empêcher qu’aucune colonne nes’écarte de la direction générale, pour raccorder ces colonnes entre-elles, aussitôt que le pays le permet ; pour examiner quelles seroientles différentes positions intermédiaires que P armée pourroit prendre, 8cles dispositions qu’elle pourroit faire, si l’enncmi fe présentoir pour l’at-taquer & pour P arrêter dans fa marche. A l’eftét de remplir tous cesobjets, je ne fuis pas un seul chemin , une seule direction, je vais àvol d’oifeau, & à travers champs. Du centre de la direction générale,qui est le point où je fuis le plus à portée de reconnoître le front de lamarche, j'observe à ma droite & a ma gauche. Si quelque obstaclegêne ma vue, si quelque hauteur peut la seconder & me donner uneidée plus rassemblée, plus nette du pays, je m’y porte -, enfin j'avancepar zigzags & de mamere à embrasser toujours P ensemble de la mar-che. Reprenons l’exemple & le plan fur lequel je démontre. Mes co-lonnes font arrivées dans le pays difficile Sc couvert, là , chacun de mesofficiers cherche son débouché ; chacun d'eux connoît le but de la di-rection générale ; chacun d’eux est muni de guides furs Sc intelligensjchacun d’eux est convenu, à l/avance avec moi, d’un signal différent,soit de poudre enflammée, de coups de fusil, ou de tambour j chacund’eux lait ce signal & le répete tous les quarts d’heurc, lorfqu’il fetrouve dans un pays couvert, & où il cesse de voir, ou en avant, ouautour de lui. Moi-même j'ai un signal que je fais quand je le juge né-cessaire, Le qui leur indique toujours le centre de la direction générale ;par-là ils peuvent fe raccorder & entr’eux Sc fur moi ; je peux les rac-corder à mon tour, je peux les diriger ainsi que mes reconnoissancesme le font juger utile. Le pays s’ouvre & fe dégage, mes colonnes feredressent Sc reprennent, en avançant, leurs distances primitives. Quel’ennemi fe présente pour venir m’attaquer, le ruisseau qui est à magauche, Sc le grand bois qui est à ma droite , me fournissent une posi-tion. Ce même ruisseau coule pendant une lieue dans la même directionque mon mouvement. J’y appuie ma colonne de gauche, asin d’en cou-vrir le flanc de la marche. Je vois au bout de cette lieue , que le ruisseauretourne Sc s'éloigne ; j’apperçois fur la droite de ma marche le terreinqui commence à s'élever , Sc qui va former une lisicre de hauteurs quireversent fur la plaine où l’armée doit marcher j je dirige le débouchéde ma colonne de droite for ces hauteurs , Sc je les lui fais toujourssuivre à mi-penchant -, je dis à mi-penchant ; parce que , là, je suismaître des hauteurs, comme si j'en tenois le sommet, Sc que la mar- ‘che en fera moins pénible pour les troupes. Au moyen de cette lisièrede hauteurs, le reste de ma marche doit s’achever avec sûreté. L’ennemine viendra certainement pas m’attaquer par la plaine, tandis que je tiensles hauteurs q U i i a dominent; s’il vient m’attaquer par les hauteurs, jeles occupe Sc nous sommes à deux de jeu z s'il veut m’empêcher de pren-