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Tome second.
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Essai général

CHAPITRE III.

De U Disposition des Ordres de Marches.

J e viens de dire comment les débouchés des marches d’armée doiventêtre reconnus & ouverts j il s’agit maintenant d’exposer les différentesmaniérés dont une armée peut être diípoíée en ordre de marche. Com-mençons par expliquer, ainsi que je l’.ai promis , comment cette armée

doit être divisée, quel eíl l’objet de cette division, & sur quelle propor-tion il faut la déterminer.

Pour qu’une grande masse puisse être mue avec plus de facilité, ilfaut la partager, s’il est possible, en plusieurs parties ; alors chacune deces parties est susceptible de recevoir plus de mouvement & d’action,alors on peut, par des forces combinées & multipliées, agir fur toutes cesparties à la fois ; il en est ainsi d’une armée. Qu’on veuille la mouvoiren masse, elle fera mal-adroite, lente, incapable de grandes manœuvres ;qu’on la partage en plusieurs corps, chacun d’eux agira séparément avec j

plus d’ordre Sc de célérité} tous pourront agir à la fois Lc concourir àl’exécutioh d’un mouvement général. Je parlerai ailleurs des avantagesqu’une division pareille procure, soit relativement à la simplicité du ser-vice Sc à la discipline, soit par rapport à la diminution de détails Sc d’em-barras qui' en résulte pour le général.

A l’égard de la proportion fur laquelle le partage d’une armée en divi-sions doit être fondé, la méchanique va encore me fournir une démon-stration sensible. Si voulant organiser une machine on en fait les mobi-les trop nombreux Sc trop foibles, on complique les détails de cettemachine Sc on diminue fa force. Si on les fait trop peu nombreux SCtrop solides, ils deviennent susceptibles de trop peu d’action, soit enforce, soit en vitesse. II en est de-même d’une armée : si en compo-sant ses divisions d’un trop petit nombre de troupes, on la forme d’untrop grand nombre de divisions, on tombe dans la complication, onmanque d’hommes capables de conduire ces divisions, on a dc la peinea combiner tant de mouvemens séparés. Si en composant les divisions d’untrop grand nombre de troupes on sorme l’armée d’un trop petit nombrede divisions, chacune d’elles reliant encore trop massive Sc trop pesante,l’opél'ation ne remplit pas son objet, qui est d’alléger Sc de mettre enétat d’agir. 11 existe au milieu de ces extrêmes une moyenne qu’un rai-sonnement simple va faire trouver.

Pourquoi partage-t-on une armée en plusieurs divisions ? C’est par lamême raison qu’on divise un régiment en plusieurs bataillons. Les divi-sions composées toutes également d’un certain nombre de rêgimens depremierc Lc de seconde ligne, font partie de l’armée, comme le bataillonsait partie d’un régiment ; les divisions sont chacune aux ordres d’un

officier

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