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Tome second.
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DE T A C T I Q.U E. Partie II. 19

autres parties de leur disposition -, delà lordre oblique, 6c toutes les au-nes dérogations à Tordre parallèle. Enfin entre les généraux tant soitpeu éclairés de part Sc dautre, Tordre parallèle cessa davoir lieu dansles batailles, parce que, supérieurs ou inférieurs en nombre, ils calculè-rent avec raison quil y avoit d'autres dispositions plus avantageuses.

Ce qui prouve que telle a être dans lantiquite T origine des diffé-rens ordres de bataille, ccst que nous les avons vus renaître dans la mêmeprogreflìon. Avec lempire Romain , la science militaire déchut Sc sa-néantit ; il succéda des siécles de ténèbres ; les hommes redevinrent à-peu-près aussi ignorans que lavoient été ceux des premiers âges. Cetteignorance s'étendit fur tout, elle sétcndit particulièrement fur la maniéréde faire la guerre ; car il faut observer en passant, qualors bien plus qu'au-jourd'hui , cétoit tout ce quil y avoit de plus grossier Sc de plus igno-rant dans les nations qui se dévouoit aux armes ; les habitans des villesnétoient point guerriers, 6c le petit nombre dhommes livrés à T étudeétudioit pour lautel, pour la scholastique ou pour quelques arts échappésà la barbarie générale.

On en revint donc alors à se battre comme dans les premiers temps.Ce fut multitude contre multitude, hasard contre ignorance, les arméessabordoient 6c Rengagement de tout leur front ; ainsi se donnèrent lesbatailles de Clovis contre Attila, de Charles Martel contre les Sarrasins,de Charlemagne contre les Saxons. La preuve quelles fe donnoient ainsi,cest quil y périssoit un nombre incroyable de combattans. Les chroni-ques de ces guerres disent souvent que peu de vaincus sc fauvoient ducarnage des combats. Ces armées prenoient, lans le savoir, Tordre paral-lèle ; il eut lieu longtemps après encore, il eut lieu tant que la tactiquerelia dans lenfance, on le trouve à Marignan, à Aiguadel, à fa vie,par-tout les armées eurent le temps de fe mettre en bataille la veille,6c la possibilité de saborder.

Quand la science militaire commença à renaître, on fit le même rai-sonnement quavoient fait les anciens, 6c en conséquence on sécarta deTordre parallèle. On chercha à manœuvrer, à tourner son ennemi parles flancs, il ny eut presque plus de batailles engagées fur la totalité du,front; il y en eut bien moins encore quand les armées devinrent plusnombreuses 8c se rangerent sur une ordonnance plus mince. Le moyenen effet que, fur des fronts aussi étendus, il ny eut pas quelque obsta-cle qui empêchât de sc joindre ! On adopta alors un nouveau genre deguerre sonné fur la nature des terreins 6c fur le choix des positions. Lesarmées inférieures sc mirent, soit par les retranchemens, soit par lesobstacles naturels du pays, à labri de toute attaque, ou réduisirent lapossibilité de les attaquer à des points. Tous les combats devinrent desaffaires de poste ; il ny eut plus de batailles générales, par conséquentplus dordrc parallèle. Depuis la fin du dernier siécle on ne peut pas,)e crois, citer une action les armées aient engagé le combat fur toutleur front. & b