DE T A C T i Q. U E. Partie II. 45courages s’ènervent , les mœurs se corrompent-, •!’application se relâ-che ; là on ne prend que des idées de fortune au lieu a’idces de gloire,Lc c’en est fait de l’honneur, de toutes les vertus, de l’état par con-séquent, quand l’ambition des particuliers a pris ce cours funeste.
Mais en attendant qu’une révolution presque miraculeuse opéré cechangement , il faut proposer des choses qu’on puisse & qu'on veuilleexécuter. II faut, ne pouvant faire des troupes citoyennes & parfaites,les rendre du moins disciplinées & instruites. Je propose donc de for-mer tous les ans -des camps de trois mois seulement, 8c d’y rassemblerdes armées composées , divisées , organisées comme elles devront l’êtreà la guerre. Celle dont je donne le tableau ci-après , & que je vaisemployer à l’exécution de toutes les opérations de la grande tactique,fera une armée dc cinquante mille hommes, Lc par conséquent une ar-mée du second ordre. L’instruction de celle-là pourra facilement s’ap-pliquer à une moins nombreuse ou à une plus considérable , à une desoixante ou i'oixante-dix mille hommes que. je regarde comme une ar-mée du premier ordre , Lc comme le nombre qu’il ne faut jamais passer.
ÎMeati motivé de la composition & division de î'armée proposéepour un camp d'infraction.
Quatre-vingt bataillons.
Quatre-vingt escadrons de cavalerie ou dragons.
Deux mille hommes de troupes légeres presque tous à cheval.
Cent cinquante pieces de canon.
On doit se rappelles que dans mon plan de constitution, Rétablis quemes bataillons ne feront jamais à plus de quatre cent-cinquante com-battans , Lc mes escadrons à plus de cent vingt. Par conséquent l'ar-mée proposée ne se trouveroit être, tant infanterie que cavalerie., quede quarante mille quatre cent hommes, non compris les troupes lége-res Lc l’artillerie.
II est clair que, s’il s’agissoit déformer une armée de cet ordre pour laguerre, Lc que cette guerre dût se faire dans un pays difficile pour lacavalerie, on diminueroit le nombre-des troupes de cette arme pour ferenforcer d’une quantité proportionnée d’infanterie.
J’ai dit, dans mon essai fur les troupes légeres, pourquoi je voudroisqu’elles fussent presque en entier composées de cavalerie, Lc commentje pense qu’elles devroient être constituées.
hies cent cinquante pieces de canon consisteroient en 6. pieces ducalibre de seize, 30. de douze , yo. de huit, 40. seulement du cali-bre de quatre , & de ce que nous appelions canon de parc , Lc 14. obu-siers. Je n’attacherois point de canon aux régi mens en temps de guerre:j ’aurois dans les places les plus voisines du pays où elle íe feroit, des
dépôts d’artillerie de campagne, dont je tireroisles remplacemcnsdont
j’aurois besoin i si je prévoyois devoir faire des sièges, j’y aurais les