qtí ESSAI GENERAL
plus d’attention les officiers généraux qu’on emploie ; ceux qu’on choisit,ayant des commandemens plus étendus Sc des occasions plus fréquentes,s’instruisent plus facilement. Delà ces grades éminens prennent la consi-dération qu’ils doivent avoir, Sc les troupes s’accoutument à les reipe-cter. Aujourd’hui, à peine lés regardent-elles ; tant de gens en sont revê-tus ! II y en a tant à la fuite des armées Sc par-tout ! Tant de gens,en un mot, traînent ces grades à la honte du militaire,ou à son détriment.
II y auroit bien des réflexions à faire à cet égard. II y en auroitbien à faire fur ce que nous appelions Etats-majors d'armée. Je pour-rois prouver que ces derniers, tels que nous sommes dans l’ufage de lesformer, sont compliqués, contraires au secret des opérations Sc à lasimplicité du service. Je pourrois prouver que la plupart du temps ilsfont composés des créatures des généraux Sc des ministres, plutôt quedes hommes de 1a chose. J'aurois à parler fur-tout de la classe de ces.états-majors à laquelle font confiés les détails des marches, des recon-noissances, des subsistances , &V. On est, fur ces grands objets, fansprincipes Sc fans théorie , on procede par routine. II faudroit que lemaréchal-général des logis d’une armée Sc ses principaux aides lussentdes officiers consommés dans la grande tactique, Sc qui à l’ensembledes vues générales joignissent la connoissance des détails. 11 faudroit queces sortes d’emplois fussent non des places à jeunes gens Sc des débou-chés pour arriver, mais des places de perspective auxquelles des talonsprouvés pussent conduire. II faudroit enfin que ces emplois subsistassenten temps.de paix , qu’ils fussent mis en activité dans les camps d’inilru-ction j que pendant le reste de l’année , on leur assignat des commissionsSc des courtes relatives à leurs fonctions. Tout cela vaudroit la peined’être approfondi Sc cela le fera dans la fuite de cet ouvrage.
J’ai parlé , dans la théorie des ordres de bataille, d’une avant-gardequi devoir marcher à la tête de l’armée Sc à la faveur de laquelle legénéral devoir déterminer les mouvemens de fes colonnes Sc la disposi-tion qui seroit à prendre z je dois expliquer ici plus particulièrement quelest l’objet de cette avant-garde Sc comment elle doit être compoíée.
On appelle généralement avant-garde tout corps placé en avant del’armée Sc destiné à précéder fes mouvemens. Quelquefois on a desavant-gardes détachées de l’armée Sc qui 1a précédent de quelques lieues.II y a des opérations où ces corps détachés peuvent être utiles j maisen général il faut éviter de morceler ainsi les armées ; car est-on supé-rieur à l’ennemi ? On se remet, par ce morcelement, de niveau avec lui ion s’expose à faire battre ces corps détachés, Sc à perdre en détail l’a-vantage qu’on auroit eu, si l’on fût resté en masse. Est-on inférieur àl’ennemi ? On doit à plus forte raison faire la guerre fans se morceler ;en se divisant ainsi , on fe réduit à être par-tout sur la défensive, par-tout dans l’inquiétude , par-tout exposé aux échecs Sc aux coups demain. Est-on enfin en offensive décidée Sc (généralement dans quelqueopération manœuvre que ce soit ? II faut rappelles à foi tous ses corps