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Tome second.
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9 6 ESSAI GENERAL

actuelle du royaume, 8c sur les véritables principes de la guerre. Sij’aibien démêlé ces derniers, ce plan devroit être d’avoir, dans toutes lesprovinces frontières, à proportion de leur étendue , une ou plusieursgrandes 8c bonnes places situées non-seulement dans la position la plusavantageuse en elle-même, mais dans celle qui, à voir la chose en grand,couvre ou appuie le mieux la frontière, ce que j’ai appellé, e n un mot,des places à entrepôt 8c à ralliement.

Ce seroit d’avoir, en arriéré des provinces frontières, 8c dans quatrepoints principaux pour la totalité du royaume, quatre autres places des-tinées à recevoir les fonderies, les arsenaux, les atteliers de fabricationmilitaire de toute espece ; car il est inouï que la plupart de ces établisse-mens se trouvent sur la frontière 8c dans des villes de premiere ligne.Nos deux établissemens d’artillerie font à Douay 8c à Strasbourg -, presquetous nos fers coulés 8c nos armes blanches se manufacturent dans desvillages, fur la frontière, 8c tellement sons protection, que toutes lesfois que la guerre en approchera, il ne tiendra qu’à un parti ennemid’y venir mettre le feu.

Ce seroit, après avoir détermine les grandes places, qu’il est impor-tant à la France d’entretenir, ainsi que les quatre places d’atteliers 8cd’arfenaux , dont je viens de parler , de soire dans ce système les chan-gemens que les circonstances exigeront , comme , par exemple, à lafuite d’une guerre malheureuse , 8c qui aura rendu frontière une pro-vince qui ne l’étoit pas, de fortifier cette province , ainsi que l’étoitcelle qu’on a perdue -, 8c de-même dans une guerre heureuse, 8c quiaura reculé les frontières du royaume , d’abandonner les fortificationsdes anciennes limites, 8c de fortifier les nouvelles, en sorte que l’étatait des frontières fur lesquelles , ou en avant defquelles ses armées puis-sent soire la guerre avec avantage , 8c que toutes les dépenses relati-ves à 1a construction 8c à l’entretien des places, soient appliquées aveccombinaison 8c avec fruit ; ce seroit enfin d’abandonner l’entretien detoutes les autres places , ou peut-être de les faire raser, parce que ce

f rand nombre de forteresses , la plupart trop petites, mal situées, à-emi dégradées, est ruineux , inutile 8c contraire aux bons 8c vérita-bles principes de la guerre, ÔC parce qu’en cas de guerre on peut sup-pléer avantageusement à cette espece de places, par des postes retran-chés relativement à l’objet du moment.

Mais pour exécuter avec fruit un si grand changement , il faut au-paravant avoir perfectionné toutes les parties de notre constitution mi-litaire ; il faut avoir des troupes à l’épreuve 8c ,manœuvrieres, des gé-néraux qui sachent les conduire , 8c qui osant s’écarter de la routine eta-blie , adoptent, pour ainsi dire, un nouveau genre de guerre. 11 faut destroupes infatigables , accoutumées aux travaux, 8c qui puissent au besoinLc promptement créer les places mobiles dont i’ai parlé, comme les lé-gions Romaines constmisoient les caftrums qu’elles employoient au mêmeulage j il faut exercer ces troupes à la construction & à la défense de ces

( postes