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Tome second.
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DE T A C T I Q^TJ E. Partie IL S>f

contraire, dans la plupart des places, ses vues & ses moyens se trouventsouvent en contradiction avec l’espece, la disposition Sc l’extension tropgrande ou trop bornée de leurs ouvrages. Expliquons cette derniere idee.Pour prouver, il saut, malgré foi, s’étendre en raisonnement. _

L'inconvénient de toutes les places, Sc un inconvénient qui devientplus sensible à proportion qu’elles sont plus multipliées, c’cst qu’en gé-néral les circonstances qui en ont déterminé l’astìette Sc le systcme deconstruction, venant à changer par la révolution des èvénemens, cesplaces se trouvent ou inutiles, ou mal emplacécs, ou fans rapport avecles circonstances du moment. Pour nous convaincre de cette vérité,lettons les yeux fur deux cent places qu’on compte en France. Un'homme qui n’auroit pas réfléchi íur leur position, seroit porté à croirequ’avec cette quantité de forteresses, toutes les provinces du royaumesont couvertes, Sc nous avons des frontières qui en sont absolument dé-garnies j il n’y en a presque point dans nos provinces maritimes ; nosplus grands ports, nos établisscmens de marine sont à peine, du côté deterre, à l’abri d’un coup de main. Ailleurs nous avons deux ou troislignes de places ; nous en avons dans des points où elles ne couvrentrien, où elles ne défendent rien ; c’est que la frontière, dans de cer-taines parties, s’est avancée, Lc que, dans d’autres, elle a reculé; c’est[u’autrefois on avoit pour système d’oppofer place à plate, Lc que cellese l’ennemi ne subsistant plus, les nôtres font, dans quelques points,

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devenues inutiles j c’est qu’alors on avoit la manie de tout fortifier, c’estqu’aujourd’hui cette branche de l’administration n’est pas conduite furun plan plus déterminé. On n’a ni le courage de raser ou d’abandonnertotalement une partie des places, ni assez d’argent pour les entretenir ;on les répare à demi. Il en est d’inutilcs qu’on conserve par respect pourVauban, ou par d’autres préjugés de routine ; il en est qu’on augmente,parce que les villes ont des octrois qui font les fonds annuels de leurentretien, Lc qu’il est de réglé établie que ces fonds doivent être em-ployés aux fortifications de ces villes, ces villes n’en cussent-elles pasbesoin. II en est que les directeurs ou ingénieurs en chef se plaisent àbouleverser ou à surcharger de pieces inutiles, afin de contrequarrerl’opinion de leurs prédécesseurs, ou de suivre la leur. II en est autourdesquelles on fait des enceintes d’ouvrages qu’une armée feule pourra dé-fendre, travaux sur l’immensité, fur l’inutilité Lc fur la cherté defquclson ne peut s’empécher de gémir, quand on songe que , si on n’a pasune armée à jeter dans ces ouvrages , ils ne sauveront pas la place ;que, si l’on a‘une armée, il vaudroit mieux qu'elle tînt la campagne,qu’elle couvrît la place par une position bien prise ou par une guerrede mouvemens, Lc qu’enfin, en cas de malheur ou d’infériorite tropgrande, elle sc retranchât sous la place, Lc se soutînt dans ses dehors- »jusqu’à ce que la fortune eût changé.

On voit combien il seroit important que lc gouvernement s’occupâce cet objet, qu’il formât à cet égard un plan. combiné fur la situation