ESSAI
GENERAL
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SECOND MEMOIRE.
Rapport âe la Connoìjsancc des Terreìns avec la Tactique.
en juger pav tous les détails militaires qui nous restent des an-ciens la science de la rcconnoisiance des terreìns devoir être poureux bien moins importante que pour nous. Leurs ordres de bataille,plus profonds & plus raccourcis que les nôtres, n’avoient pas besoinde positions d’un grand développement. A peine voit-on même que lechoix de ces positions les occupât. Dans le récit de toutes les bataillesde l’antiquité, on ne'voit aucun détail typographique. H semble queleurs combats sc donnoient toujours dans les plaines, ôc que les arméesrecherchoient cette pfpece de terrein, par préférence. C’est qu’alorstoute la ressource des troupes çtoit dans les manœuvres. Une arme ap-puyoit l'autre. C’étoit ordinairement la cavalerie qui formoit les ailes.A Pharíâle Céíai' fut disposer une partie de son aile gauche en échelonoblique, & ce fut là ce qui lui valut le gain de la bataille. Rarementvoit-on dans l’hiíloire qu'il loit question d une aile qui ait cherché pro-tection dans la nature du terrein. Pour des affaires de postes, il n’enest certainement jamais fait mention : l’efpcce des armes Lc de la tacti-que des anciens ne les y rendoit pas propres. La phalange n’avoit deforce que dans les plaines. Une légion Romaine avoit toute fa confianceen elle-même. Tant que l'infanterie fut brave ec bien armée, tant queles machines de guerre ne se multiplièrent pas, tant qu’on sc battitcorps à corps, il en fut ainsi > mais lorsque les légions dégénéreront, lorf-qu’elles quitteront les armes défensives, lorfqu’elles devinrent timides &tremblantes dans les plaines, lorsque les catapultes ôí les balistes sc mul-tiplièrent dans les armées, comme les canons sc multiplient aujourd’huidans les nôtres, on commença à avoir recours aux ressourcés du ter-rein, on chercha les hauteurs, on espéra augmenter par elles l’essct desmachines de jet, on tâcha de mettre des obstacles entre l’ennemi & foLDans les guerres d’Arien contre les Alanes, on voit les détails de ladisposition d’une bataille, qui rapprochent beaucoup ce temps-là desnôtres.
Presqu’indissérent sur les ressources que les pays coupés pouvoient of-frir àleurs ordres de bataille, les anciens paroifloient encore bien moinsoccupés des connoissanccs topographies, dans la conduite journalièrede leurs opérations. Jufqu’à la seconde gueire punique, on ne voit nullepart la tactique Roriiaine avoir quelque relation- avec le terrein. Fabiustut le premier qui commença à mettre à profit la nature du pays,
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