110 ESSAI GENERAL
Mais c’efl dans k formation de nos magasins qu’il existe des abusbien préjudiciables. Cette partie, absolument indépendante du général,est entre les mains des entrepreneurs ; & force est justice même, qu enpensant le plus honnêtement possible, ils fe conduisent imvant leurs plusgrands intérêts. C’cst fur l’achat des matières, siut a propos, que lesentrepreneurs ont leur gain assuré. Sur tout le reste de k manutention,quand ils fervent bien, il y a austì souvent à perdre qu a gagner. Orle bon prix des achats est donc , comme on peut le 1 imaginer, le butprincipal de toutes leurs combinaisons. Ils achetent dans les bonnes fu-sons; ils ont leurs magasins d’évidence & leurs magasins secrets ; ilsontleurs courtiers, leurs agioteurs ; ils aatbcnt les denrees sous main & al’avance dans les pays voisins du theatre de 1a guerre, & par-la tra-1 ’ssent quelquefois le secret des opérations. On me dira que ces achats,où avrhemens feints à propos, peuvent devenir une ruse contre l’ennemi.T’en conviens; mais, dans la main du général, ce moyen existera toutde même 6c il ne fera employé que quand il le jugera utile à sesprojets Jufques-là le mal n’est pas encore grand ; c’est à l’emplacementdes matières que les inconvéniens deviennent dangereux. On juge bienqu’à moins que le général ne sache 6c ne veuille entrer dans ce détail,ces emplacemens font déterminés à la volonté des entrepreneurs, & queles entrepreneurs les déterminent le plus souvent relativement aux spé-culations bornées 6c exclusives de leur art. Souvent ces matières setrouvent placées dans des points peu militaires, ou fans relation avec lesopérations. Presque toujours ces matières trop dispersées forment uneinfinité de petits magasins, dont chacun a fa garde, ses employés, sesdéchets ses accidens de guerre ou autres. Souvent tels magasins setrouvent engorgés de matières, 6c alors l’entrepreneur penche vers leparti qui lui en procure la consommation. Quelquefois de même il ré-sisté a un parti qui attirerait trop de consommation sur un point oùles matières lui manquent, 6c où il n’cn pourrait rassembler qu’en lesachetant à haut prix. D’autres fois des magasins trop pleins, parcequ’on s’est hâté d’acheter à des prix favorables ; ou des magasins qu’onveut vuider, parce que les spéculations apprennent qu’on est au momentde faire de bons achats, exigent que les entrepreneurs fassent consom-mer ; alors on fe garde bien de taire vivre l’armée aux dépens descontributions exigibles du pays, on trouve des difficultés a ce lysterne,ùasne du temps, 6c les denrées de l’entrepnsc le consomment. Deon fr?, ,'nronnu-, 6c que je viens de parcourir un moment, émanent,ce lY.rdinaire toutes les combinaisons de subsistances que les entre-
à 1= cabine. de S U .ft
question de supputer les moyens de telle ou telle opération, le généras aoperçoit bien d’une résistance ou d une inclinaison secrète , mais il’en démêle pas la cause ; de grands calculs lui íont illusion, c.ommu-H'ment il n’est ni assez ferme pour résister, ni assez éclairé pour fournir
movens ; son projet ne s’exécute pas, Sc il fe trouve que, loin deaes i" ; 7 1 commander