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Tome second.
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DE T A C T I Q.U E. Partie II.miné, il y a 80 ans, l’efpeceSclaforme du pain qui doit être délivré ausol-dat, à ne leur en distribuer que de cette forme 8c de cette efpece. Je veuxque, tant que les opérations feront simples, faciles, à portée des établisse-mens qu’on aura formés, que le pain se fasse 8c fe délivre dans la réglé ac-coutumée, que la régie remplisse son service avec le plus d’ordre 8c tì’exa-ctitude possible. J'entends que les moyens de transport, qu’on pourra feprocurer dans le pays, soient employés aux détails intérieurs de cette ma-nutention, afin que par-là les équipages des vivres soient soulagés d’autant,dépérissent moins, soient à portée de l’armée , 8c prêts à la servir efficace-ment dans une opération extraordinaire. Les mouvemens viennent-ils à lemultiplier 8c à fe succéder, est-il nécessaire de faire une opération hardie ,des marches forcées ? II faut alors que la régie force de moyens, il fautqu’elle sache s’écartcr de ses méthodes de routine 8c de précision. L’ennemiprend, je suppose , une position inattendue , 8c où je ne veux ni ne peuxl’attaquer y je fuis sûr de le déporter ou de le prendre à revers en marchantfur son flanc. Suivant notre routine actuelle, il faut que , pour ce change-ment de direction, je me forme de nouveaux établissemens 8c de nouveauxrayons de communication. On me demande quinze jours pour la formationde ces établissemens; il faut,dit-on, rassembler des matières, bâtir des fours,&c. Voilà précisément où je nc veux pas, s'il fe peut, que les vivres mecommandent; voilà où je veux que la régie redouble d’industrie, que l’ar-mée vive des ressources du pays, qu’elle Tache souffrir, changer de nourri-ture , jeûner , s’il le faut, fans murmure. C’est un mouvement qui, danscette circonstance, est l’objet principal : toutes les autres combinaisons nefont qu’accessoires, Lc il faut tacher de les lui soumettre. II faut que l’en-nemi me voie marcher, quand il me croira enchaîné par des calculs desubsistances; il faut que ce genre de guerre nouveau l’étonne , ne lui laissele temps de respirer nulle part, 8c fasse voir, à ses dépens, cette vérité con-stante, qu’il n’y a presque pas de position tenable devant une armée bienconstituée, sobre, patiente 8c manœuvriere. Les momens de crise passés,mon mouvement ayant rempli son objet, alors les subsistances rentrent dansle système accoutumé d’ordre 8c dc précision. On tient compte aux trou-pes des efforts qu’elles ont faits, du mal qu’elles ont souffert. C’est parcette alternative bien ménagée, de douceurs Lc de travaux , qu’on éloignecf’ellcs le dégoût, l’ennili, l’indifcipline, les maladies : c’est par elle qu’onleur fait faire,dans l’occasion, des choses au-dessus des forces humaines.Enfin, si je fuis dans un pays ennemi, Lc que ce pays soit abondant, jesuspends les dépenses de la régie pour tout le temps qu’il peut y fournir :je vis à fes frais. Je les suspends à plus forte raison, si j’y entre en quartier'd'hiver : je fais faire les livraisons par le pays, ainsi que les emmagasine-rons , les fournitures, les comptabilités. Là, je veux que les troupes soientdédommagées de la fatigue de la campagne, qu’elles vivent chez l’habi-tant, quelles mettent leur solde en réservé. Je réglé ce qu’elles peuventexiger, lur un pied raisonnable, &c dans l'efpece de denrées que le pays con-somme. En même temps que je procure ces douceurs aux troupes , j’éta-