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dain, avec cette régulière harmonie, quiprouve la conception d’un grand système,le plan de sa conduite publique & privéepour le reste de sa vie. Dès-lorsplus de faste,plus de luxe, plus de recherche, plus aucunde ces goûts frivoles dont il n’avoit pas étéexemt étant prince royal, parce qu’il n’étoitpas encore a fa place, mais qu’une ame éle-vée rejette si loin d’elle, quand de grandsdevoirs &C des pensées d’un certain ordres’en emparent. II se montre a ses soldats, ilparle à ses officiers en roi qui veut êtreguerrier; il prend l’uniforme de son armée,& il ne le quittera plus jusqu’au tombeau.8es journées, lès heures, ses travaux d’ad-ministration, ses audiences, ses voyages, lesrevues de ses troupes, leurs camps d’instru-ction, tout, jusqu’à ses plaisirs & ses goûtslittéraires, qui ne deviennent plus que desdélassemens, se règle & se soumet k un ordreinvariable. C’est une plus grande qualitéqu’on ne pense dans les rois que ce saintrespect pour le tems, soit qu’on envisage lespeuples qu’ils gouvernent, soit qu’on lesconsidère eux-mêmes; car quel vuide de-vroit rester à des hommes chargés d’une tâ-che auslì immense! Cependant faute d’édu-cation, faute de morale, faute d’habitude à