du Roi de prusse. 43
qu’il n’appercoive ni l’influence des mau-vaises loix, ni celle de tous ces vices de dé-tail qui sappent en silence les fondemens desempires, celh se conçois, percer la surfacedes choses, n’appartient pas à tous les hom-mes. Mais comment peut leur échapper l’in-fluence décisive de certaines batailles? Com-ment le fracas de ces évènemens soudains,qui dans l’efpace de quelques instans anéan-tissent toutes les combinaisons de la politi-que, trompent toutes les espérances de l’atn-bition, ôtent ou donnent des provinces,renversent des trônes, humilient ou subju-guent des nations, ne les remplit-il pasd’unsalutaire effroi? Comment peuvent-ils, à lavue de ces grandes leçons, dédaigner lesvertus militaires, négliger leurs armées, nepas fe former ou s’attacher de bons généraux,jouir enfin avec sécurité d’une puissance quin’a pas de base, & d’une grandeur qui n’estpas défendue?
Cette victoire de Hohenfriedberg couvritd’honneur les armes prussiennes. L’infanteriey fit des merveilles, l’artillerie s’y distingua,la cavallerie y combattit avec un éclat qu’ellen’avoit pas encore eu. Le régiment de Ba-rcith, dragons, y renversa plusieurs ligne*d’infanterie, & y prit à lui seul soixante.-