E X. O G E
H8
Voyons encore , car il est impossible d®s’arracher à cette lettre, avec quelle éléva-tion d’ame, avec quel héroïque abandon, dpeint lui-même fa situation & son ame-'„ Jamais je n’ai été de ma vie dans une situa-„ tion plus fìcheufe que cette campagne-„ Croyez qu'il faut encore du miraculeux„ pour surmonter toutes les difficultés que,, je prévois. Je fais savamment mon devoir,, dans l’occasion ; mais souvenez-vous que„ je ne dispose pas de la fortune, & que je„ fuis obligé d’admettre trop de casuel danS„ mes projets , faute d’avoir des moyens„ d’en former de plus lolides. Ce font des,, travaux à’Hercule qu’il faut que je recom-,, mence fans cesse dans un âge, où la force„ m’abandonne, où les infirmités arrivent,„ & où l'efpérance, feule consolation des„ malheureux, commence à me manquer.
Et plus loin: „ Je mène la vie d’un char-„ treux militaire. J’ai beaucoup à penser à„ mes affaires, & le reste du tems, je le„ donne aux lettres qui font ma consolation,„ comme elles étoient celle de ce consul,„ père de la patrie & de l'éloquence."
Et cette phrase enfin, que le reste de favie & la conduite qu’il a tenue depuis, ren-dent si remarquable! „ Je ne fais si je survi-