14} Éloge
Maintenant si on pouvoit penser au loin,que ce Prince n’a élevé sa grandeur, n’a en-tretenu son armée, n’a formé son trésor,qu’en opprimant & en ruinant ses peuples,je n’opposerai à cette fauíle opinion, quel’état de son pays méme. Les habitans n’yfont pas foulés, les impositions, fur les terressur-tout, y font foibles,' bien réparties Scsagement levées; il ne les a pas augmentéespendant son règne ; c’est sur les droits d’en-trée & de consommation qu’ont porté pres-que tous ses accroisiemens de revenus. Sestroupes, loin d’être une charge peur son Ipays, y reversent une partie des impôts; &Ccomme il n’a de grandes garnisons qu’à Ber-lin, à Potsdam, à Breslau & à Magdebourg,comme il n’a pas, ainsi que nous, de fron- 'tières armées, & où les troupes font entas- ìfées à la paix, elles font répandues & disper- ifées dans ses états, de manière qué.tout par- 1ticipe aux avantages qu’elles répandent. En-fin, comme c’cst par les résultats qu’il fauttoujours juger les gouvernemens, comme ilfaut moins considérer ce que les impôts coû-tent aux peuples, que ce qu’ils leur laissent,dans quelque province des états du roi dePrusse qu’on porte ses pas, on trouvera debeaux villages, des habitans bien nourris &
bien