commandait le général Garnier ; celui de la droite se porta rapidementsur la hauteur des sirènes. Surpris par une attaque aussi brusque,accables par le grand nombre, nos soldats furent obliges de céder à laforce, et de se retirer précipitamment; mais cette retraite forcée et rapidene fut point une fuite. Tout en se retirant, nos volontaires faisaientpleuvoir sur l’ennemi une grêle de coups de fusil, et lui faisaient payercher un succès passager. Cependant les Anglais suivaient leur fortune, etgagnaient du terrain ; ils étaient maîtres de la hauteur des sirènes et de lanouvelle batterie, dont ils enclouaient les pièces. Un de leurs détache-mens se portait à notre poste du centre , où commandait le généralMouret , et menaçait de s’emparer de la grande route d ’Olioulles. Lesprogrès de l’ennemi étaient puissamment favorisés par le feu avanta-geux et terrible que faisaient le fort Malbousquet et les autres forts ; ledanger était pressant. Quel eût été le sort de l’armée, si les coalisésavaient réussi à nous repousser jusqu’à Olioulles , et à s’emparer duparc d’artillerie (1) ?
Mais le génie de la France veillait; il mit un terme à leurs succès.Les représentans du peuple et le général en chef étaient accourus auxpremiers coups de fusil (2). Ils rallient les premiers corps qui se pré-sentent a eux. Le général Dugommier les harangue avec force, et, semettant à leur tête, il les précipite sur les ennemis. Bientôt les batail-lons épars se remettent de leur premier désordre ; ils se réunissent :d’autres, qui étaient campés plus loin arrivent, et se joignent à eux.La face des choses est changée dans un instant; dans un instant lesennemis, pressés et assaillis de toutes parts, sont obligés de reculer
(1) Une partie de l’armée, renfermée entre les Anglais et la mer, eût été obligéede mettre bas les armes ; l'autre, devenue trop faible, eût été réduite à une retraiteforcée. Il était à craindre que la disposition des esprits à Marseille et dans le Midi n’eût reculé la frontière a la Durance.
(2) Les officiers du génie méritent des éloges pour le courage qu’ils ont témoignédans ce moment critique, en ralliant et exhortant les troupes. Le chef de bataillonMarescot y f u t légèrement blessé.
T- 1. 43 *