et d’abandonner le terrain qu’ils venaient de conquérir. Ils repassentla rivière , et leur marche ressemble plutôt à une fuite qu’à une retraite.Beaucoup des leurs, et surtout des Anglais , restent sur le champ debataille. Les prisonniers sont en plus grand nombre. Parmi ces derniers,se trouve le general Oahara , Anglais, que la cour de Londres venaitd’envoyer en grande hâte pour de'fendre Toulon , où il commandait.De notre côté, nous n’aurions qu’un léger échec à regretter, si le bravegénéral Dugommier n’avait reçu deux coups de feu au bras. Nos volon-taires poui’suivent les Anglais avec une telle ardeur, qu’ils sont prêts àentrer dans le chemin couvert du fort Malbousquet ( 1 ) ; mais il en partun feu si vif, et il y entre peu après un si grand renfort de troupes,qu’ils sont obligés de revenir. Il e'tait environ midi.
Cet événement répandit à la fois la joie et l’espérance dans l’armée,et la consternation dans Toulon . Dès lors les coalisés n’osèrent plussortir, et se mesurer de près avec nous. On nous a assuré qu’à leurrentrée dans la place, plusieurs Anglais témoignèrent hautement leurmécontentement. Que venons-nous faire ici? disaient-ils. Ces gens-làsont plus braves que nous ; ils se battent pour leurs droits } et nouscombattons contre les nôtres.
La grande consommation de cartouches suspendit les mesures prisesdans le conseil de guerre du 5 ; on se contenta de se canonner de partet d’autre, quelquefois assez vivement. On travailla à perfectionner lesretrancliemens commencés. Le commandant du génie pressa la fourni-ture demandée aux communes circonvoisines, des objets nécessaires ausiège. Immédiatement après, il arriva à St.-Nizaire 80 bateaux chargés deces divers objets. Ainsi on se trouvait en mesure pour ouvrir la tranchéeaussitôt après la prise des forts extérieurs. Chacunparaissait persuadé queces mesures étaient superflues, et qu’il ne serait pas nécessaire de dé-velopper des attaques régulières pour réduire Toulon y mais enfin les