SIÈGE DE CHiRLEROT. 5 7 S
Sur l’avis de quelques habitans , le commandant du ge'nie fait visiterpar des mineurs toutes les liouillières voisines des glacis , afin de s’assurers’il est vrai, comme on le dit, que quelques-uns de leurs rameaux sontdirigés sous les ouvrages attaqués. Cette visite ne produit aucune dé-couverte qui puisse favoriser les progrès du siège.
Un capitaine d’artillerie qui a apporte' quelque négligence dans laconstruction d’une batterie dont il est chargé, est fusillé dans la tran-chée, par l’ordre du représentant Saint-Jus b (i). En même temps celâche proconsul, qui jamais ne se montrait dans les tranchées , donnepar écrit, au général Jourdan , l’ordre de faire arrêter, et par consé-quent fusiller sur-le-champ le général Habry , commandant de l’arméede siège , le général Bollemonb , commandant de l’artillerie , et lecommandant du génie Marescot ; mais le général Jourdan résistecourageusement à ce cruel despote.
Cependant nos batteries, au nombre de six, se trouvent enfin orga-nisées et perfectionnées de manière à pouvoir agir avec force. Ellescontrebalancent celles de la place , qui sont sensiblement endomma-gées , et diminuent d’activité.
Le 6 messidor (24 juin ).
Pendant la nuit la garnison fait deux fortes sorties, qui dérangentfort le travail. Le matin on profite d’un brouillard pour regagner letemps perdu et pousser les zigzags.
L’artillerie déploie enfin tout son jeu. Elle développe un feu si vif,si soutenu et si bien dirigé, que les batteries assiégées sont obligéesde céder. Elles ne peuvent résister à une attaque aussi ardente (2).
(0 Ce trait de despotisme oriental mérite de grossir le torrent de crimes atrocesdont, à cette époque, la France était inondée, et que la postente refusera decroire. Le malheureux capitaine qui en a été l’innocente victime se nommait Miras ;c’était un excellent sujet.
( 2 ) Il y avait vingt-cinq bouches à feu en batterie.
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