536 PASSAGE DU RHIN,
perdre ce que nous voulions conserver sur la rive droite du Rhin .
On avait compte' jusqu’alors pouvoir exécuter un barrage projeté'dans la Kintzig, de manière à tenir à volonté les eaux de cette rivièreen débordement.
Si cet ouvrage eût e'te' fait, il est probable que l’ennemi n’auraitpas pris Kehl aussitôt, car après la reddition de ce poste, les Autri-chiens convinrent et avouèrent qu’ils avaient e'te' obligés d’employerdes radeaux pour communiquer dans leurs tranche'es pendant le tempsdes pluies.
Les cotes du nivellement qui fut fait pour le projet de l’établisse-ment de ce barrage, démontrèrent clairement la possibilité de mettreenviron trois pouces d’eau sur la surface du terrain naturel, où l’ona établi la plus grande partie de la seconde parallèle -, d’où l’on peutconclure que les ennemis eussent éprouvé une très-grande difficultédans l’avancement de leurs tranchées, pendant le courant du siège.
Il est prouvé aussi que pendant quinze, jours, et au-delà, il a manquéplus de i,5oo hommes par jour à ce travail, ce qui a fait 22,5oo jour-nées de perdues , tandis que, pour la confection de cet ouvrage , iln’en fallait pas i5,00, parce qu’on avait déjà tous les matériaux sous lamain et à pied d’œuvre.
On voit donc par l’exposé ci-dessus le tort irréparable que la tolé-rance sur les réquisitions d’ouVriers a fait à la fortification de Kehl , etpar suite à sa défense.
Le bruit de la retraite de notre armée , se confirmant de jour enjour , se changea bientôt en certitude , et fit abandonner les nouveauxprojets pour employer le peu de bras qui restaient à perfectionner lesouvrages commencés , de manière à pouvoir les armer.
Le camp retranché se trouvait alors en bon état ; ce fut aux deuxouvrages à cornes de l’ancien fort de Kehl , à la lunette g et à la batteriei3 qu’on travailla, afin de les mettre à meme de recevoir du canon.
Ces ouvrages venaient tout récemment d’être relevés en fascinesjusqu’au cordon, ainsi qu’une grande partie de leurs parapets. Ils en