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vaincre, nous allons tous nous faire tuer. Je neme plains point de votre coeur, mais bien de vo-tre incapacité, & de votre peu de jugement àchoisir les meilleurs moyens. Quiconque n’a quepeude jours à vivre, n’a que faire de dissimuler. Jevous souhaite plus de fortune que je n’en ai eu ;
& que tous les maux & tes avantures désavanta-geuses que vous avés eues, vous apprennent àtraiter des choses importantes avec plus de foins,de raison & de résolution. La plus grande partiedes malheurs que je prévois, ne vientquede vous.Vous & vos enfans vous en l'rés plus accablés quemoi; soyés cependans persuadé que je vous ai tou-„jours aimé, &qu’avccces fentimens je mourrai.
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J e crus, qu’il valoit mieux, ne pas répondreà cette lettre: ayant appris, que le Roi marche»roit le soir à Weisenberg avec ig Bataillons & 28Efcadtons, je lui fis demander par le Lieutenant-Colonel Lentulus la permission de partir pourDresde avec la premiere escorte. Le Roi répon-dit, que cela dependoit de moi-même, & qu’uneescorte partiroit encore le même soir.
Tous les Généraux qui avoient été sous moncommandement, étoient venu prendre congé demoi, & tous approuvèrent, ma résolution. LeGénéral Winterfeld étant trouver le Roi, eut unentretien de deux heures avec lui. II se vantoit,que le Roi l’avoit excepté du nombre des Géné.xaux dont il n’étoit pas content. Le Duc de Le-