i DISCOURS
ble), n’est nullement une chose à déplorer ; elle donne àla faiblesse physique les moyens de lutter contre la forceinjuste • et elle a toujours été favorable à la civilisa-tion, au vrai courage, et à tous les intérêts de l’hu-manité.
On demandera : si des moyens de force maritimepuissans et nouveaux, au lieu d’être publiés , n’eussentpas dus être tenus secrets et déposés dans les archivesdu gouvernement? Cette question est si importante,et c’est une opinion qui provient d’un sentiment si res-pectable, qu’il est indispensable d’y répondre.
Sans doute il y a un motif de ne point publier ,puisqu’en publiant on perd l’avantage de l’initiative encas de guerre. Mais sans doute aussi, il y a des motifsde publier, et parmi ces derniers motifs est celui-ci : qu’ila été impossible, dans tous les temps, de perfectionnerconvenablement, et de faire ensuite adopter des inno-vations de cette nature, tant qu’elles n’ont pas reçu laforce et la maturité que leur donne la discussion pu-blique (5).
(5) Non# ne citerons pas le nombre infini des idées utiles, qui dans tous les arts , n’ont été ad-mises , que quand elles ont été répandues par la publicité ; mais en nous bornant à ce qui con-cerne la marine, et même au cas particulier qui nous occupe, nous dirons : que le moyenlui-même, qui est aujourd’hui proposé dans notre ouvrage, avait été depuis long-temps indiqué etessayé avec succès (sinon dans toute la puissance que nous pensonsqu’il peut avoir, du moins avecune incontestable supériorité sur ce qui est en usage). Combien à cesujet n’a-t-on pas fait d’ex-périences décisives qui, si elles eussent été rendues publiques, auraient «assez excité l’attentionpour être suivies de mesures favorables, tandis qu’oubliées, elles ont été suivies de désastres? Com-bien aussi n’a-t-îl pas été donné de conseils par des hommes du métier, qui peut-êtrenc fussent pasdemeurés sans exécution, s’ils avaient été publiés ? Et, pour ne citer ici qu’un seul exemple: