PRÉLIMINAIRE. x j
Or ici, les avis ont été tellement partagés entre cesdeux motifs contraires, que nous pourrions citer en égalnombre, des noms d’un égal poids, qui se sont pro-noncés en faveur de l’un et de l’autre parti; et que nousavons reçu des reproches également vifs, d’abord pouravoir gardé quelque temps le secret, et ensuite pour nel’avoir pas gardé.
Dans cette incertitude, quels étaient nos devoirs? Ilsétaient : de né point nous hâter de publier , et de nepoint publier sans autorisation. C’est ce que nousavons fait. Nous n’avons point publié avec précipitation,et nous avons montré une longue déférence à l’opiniondes personnes qui étaient d’avis contraire à l’impression,puisque notre travail, commencé en 1809, est présentéau gouvernement depuis 1819. Et nous n’avons pointagi sans autorisation , puisque cette autorisation a étéobtenue de Sa Majesté, ainsi qu’on peut le voir au bureaudes lois du ministère de la guerre.
Les considérations suivantes feront voir ( ce qui
n’est-il pas vrai qu’on a fait secrètement à Metidon, en 1798, des expériences qui ont montré lemoyen de détruire facilement les vaisseaux ? N’est-il pas vrai, qu’ayant assisté à ces expériences,MM. Delaplace , Gassendi , Borda, Messiessi, Rosily , Andreossi et Perrier , ont fortement de-mande' qu’on employât ce moyen? N’est-il pas vrai qu’en 1800, M. le général d’Aboville, pre-mier inspecteur-ge'néral de l’artillerie, insista de nouveau avec force à ce sujet, dans un mé-moire non publié ? Enfin , n’est-il pas vrai qn’en i 8 o 5 , notre marine , au lieu d’être détruite àTrafalgar, aurait été victorieuse, si elle avait employé le moyen si fortement, mais trop se-crètement recommande? ( Voyez pour la preuve de ces asscrlious , les chapitres XXII, XXIIIet XXIV. ) Nous avions , d’après ces exemples , si peu d’espoir de faire réussir une plus forte in-novation , que nous avions d’abord songé à fa faire arriver en France , par le dehors, car l’essentielétait qu’elle y arrivât : elle n’en eût été que plus promptement perfectionnée à cause de la con-currence; et elle n’y eût pas été moins utile , ainsi qu’on va le voir aux motifs exposés ci-après ;mais au lieu d’aller au but par cette ligne courbe, nous avons préféré l’atteindre par une lignedroite.