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Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
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PRÉLIMINAIRE. xiij

moyen tenu secret? ou bien conviendrait-Î1 de continuerindéfiniment une dépense aussi grande , lorsqu’il estvraisemblable qu’elle deviendra superflue ?Etne faut-ilpas profiter de la paix, pour opérer graduellement lesmodifications, par des essais en grand , qui seront né-cessairement publics ?

4°. Les gouvernemens les plus sages, les plus habiles,et ceux mêmes qui sont le plus jaloux de leurs moyensmilitaires, sont aujourd’hui tellement convaincus qu’iln’y a ni possibilité, ni utilité, à de tels secrets, quenulle part ces moyens ne sont actuellement cachés (6).

5°. Enfin , en publiant le système nouveau, il est horsde doute que les marines étrangères, contre lesquelles

(6) A c^uoi servirait aujourd’hui le secret sur les constructions navales , sur les construction*d’artillerie, sur le plan des villes, sur la topographie militaire, sur la statistique des pro-vinces, etc.: lorsque chaque nation tour à tour, a pris et repris, possédé et employé, lesvaisseaux, les canons, les villes et les territoires des autres nations? Il n’est aucune detoutes ces choses qui ne soit maintenant dessinée, imprimée, gravée , dans tous le*livres, et dans toutes les langues. La France dédaigne tellement et si noblement tout mystère àcet égard, que rien chez nous n’est dérobé à la vue de qui que ce soit. Une foule de grandsouvrages sur notre marine et nos ponts et chaussées sont devenus depuis long-temps des objetsd’étude en Europe. Le génie militaire a publié les manuscrits de Vauban et de Cormontagne; ilpublie périodiquement un mémorial ; il montre aux ingénieurs étrangers les plans en relief de nosplaces fortes, et il a envoyé en Russie d’admirables modèles d’attaque et de défense des places. Le.dépôt de la guerre charge un libraire de répandre les cartes de notre vaste trésor topographique.Le dépôt de la marine public de même notre hydrographie. Les tables gravées de notre artillerieont etc données aux gouvernemens qui ont désiré les avoir. Enfin des ofliciers étrangers ont étéadmis à suivre les cours de nos plus importantes écoles militaires. En Angleterre on ne cacheplus maintenant ce qui appartient à l'état, et s’il est encore quelques subalternes qui hésitent.les hommes éclairés écartent ces obstacles : c’est ainsi que l’ouvrage de M. Dupin nous a si bienmontré la force anglaise jusque dans les détails intimes des ministères ; c’est ainsi que d’autres sa-tans ingénieurs travaillent en ce moment à publier d’utiles ouvrages sur les travaux anglais ; c’estainsi que se fait, pour être publiée, la grande carte de'taillée du territoire d’Angleterre; c’estainsi que le général anglais Congrèvc a public un excellent ouvrage sur les perfectionnemens del’artillerie de son pays ( et s’il ne publie rien sur ses fusées, c’est une centième raison de plusde ne pas croire à leur puissance ) ; c’est ainsi que Uutton et Grégori ont publié les très-belles ex-

P érienccs d’arlilleric faites à Wolwick , aux frais du gouvernement anglais ; enfin c’est ainsi queon publie maintenant à Londres l’hydrographie anglaise elle-même, dont les cartes étaient pré-cédemment tenues si secrètes , que les principaux ofliciers de l’armée navale, qui seuls en avaientcommunication, étaient obligés en débarquant, d’en rendre jusqu’aux plus petits morceaux si elle*avaient été déchirées. Nous citons ici la France et l’Angleterre . parce qu’elles sont au premierrang : mais on trouverait ailleurs la matière de beaucoup de citations semblables.