3
DE LA MARINE ACTUELLE.
sur terre ; et elle décidera les victoires de tous les généraux ouamiraux , qui au facile talent de la saisir en théorie réunirontle talent rare et difficile de la pratiquer.
Cependant, soit que l’on considère le cas d’un combat indi-viduel entre deux bâtimens, soit que l’on considère le cas d’uncombat de ligne par évolutions , il est évident qu a égalité d’a-vantages nautiques , la marine qui présentera la plus grandeintensité de moyens destructeurs renfermés dans chacun de sesbâtimens , doit incontestablement l’emporter sur la marine quiaura l’infériorité sous ce rapport, et que, si la différence à cesujet était fort grande , elle pourrait contre-balancer la supé-riorité du nombre , et même celle de l’habileté.
Les considérations de la plus ou moins bonne arlillerie nepeuvent donc être sacrifiées qu’avec beaucoup de discernement,aux conditions de la marche plus ou moins facile des bâtimensde guerre ; et les vrais perfectionnemens de l’art consisteront,en tout temps , à établir une relation convenablement calculéeentre la construction des navires et le choix de leur artillerie.
La marine d’Angleterre semblait pouvoir se reposer sursa propre puissance , et aucune autre ne paraissait devoir luicauser un véritable ombrage; mais les progrès de tout ce quicontribue à la grandeur et à la sûreté nationales, ne se perdentjamais de vue dans un pays bien gouverné : en 1791, une so-ciété s’est formée, à Londres , pour le perfectionnement de l’ar-chitecture navale; en 1806 j le parlement s’est particulièrementoccupé de cet objet; et un rapport secret qui lui a été fait cettemême année , établissait que la construction des vaisseauxfrançais était alors la plus savamment calculée, et servait demodèle aux constructions anglaises.
Depuis cette époque , plusieurs changemens heureux ontété faits ou essayés, en Angleterre, sur divers détails relatifs