8 MOYENS ORDINAIRES.
Concluons donc, de ce premier chapitre, que les perfection-nemens des constructions navales ont été dans ces dernierstemps fort intéressans par eux-mêmes, que quelques-uns sontfort importans;. mais que ce n’est point là , qu’on peut espérerde découvrir les moyens d’acquérir tout à coup une assezgrande supériorité maritime, pour qu’une puissance , actuel-lement en possession de cette supériorité , soit réduite ou à laperdre subitement , ou seulement à la voir un instant miseen doute , par la nécessité d’abandonner le système avec le-quel elle a su l’obtenir (x).
CHAPITRE II.
Quantité d’artillerie.
L’on peut accroître indéfiniment le nombre des vaisseauxqui composent une flotte, et le nombre des canons s’accroîtraaussi par l’agrandissement individuel de chaque vaisseau;cette manière d’augmenter la force navale n’est pas fort ingé-nieuse, et cependant elle exige une singulière habileté dansles ingénieurs qui ont à construire ces édifices prodigieux, etdans les marins qui ont à les faire mouvoir; mais ce qu’elleexige surtout, ce sont des bois choisis plus que n’en donnentles plus vastes forêts; ce sont des matelots exercés plus quen’en donnent les ports les plus populeux ; ce sont des dépensesqui épuisent le trésor des gouvernemens les plus riches.
(i) C’est dans les ouvrages de MM. Ch. Dupin et Montgery , dans les Annalesmaritimes, et autres livres récemment publiés , que nous avons puisé les faits relatifsaux constructions navales.