DE LA MARINE ACTUELLE. 9
D’un autre coté , puisque clans les combats de mercomme dans ceux de terre on obtient un résultat décisifen portant contre un point de la ligne ennemie une masse deforce qui puisse l’accabler, il est évident que des vaisseauxd’une grande puissance individuelle peuvent avoir pour cetusage un avantage considérable. Les Anglais ont donc reconnuque c’était à tort qu’ils avaient négligé l’emploi des vaisseauxà trois ponts ; ils ont senti toute la supériorité qu’il est possiblede prendre dans un combat, en venant fondre tout à coupsur le centre ou sur une des ailes de la flotte adversaii’e,avec une masse de vaisseaux de 120 canons ; et la marine an-glaise , qui n’avait pas de vaisseau de plus de xoo canons, il y avingt-cinq ans (1), avait en 1817 vingt vaisseaux à trois ponts ;et sur dix-huit vaisseaux de ligne en chantier dans les portsd’Angleterre au 1". janvier 1821, il y en avait cinq de 120 ca-nons. En France , sur quai’ante-neuf vaisseaux à flot en novem-bre 1820 il y en avait dix à trois ponts ; et il y en a quatre surles neuf qui se construisent actuellement dans nos chantiers.
Dans l’accroissement de force obtenu par l’accroissementde la supériorité numérique, ce que l’on peut regarder commeun progrès de l’art, c’est moins de faire un vaisseau plusgrand qui puisse porter plus de canons, que de trouver à placercommodément plus de canons sur un vaisseau de même gran-deur. En général, on a fait dans les diverses marines des pro-grès remarquables sous ce rapport, et les bâtimens de tousrangs portent partout un nombre de bouches à feu plusconsidérable que ne l’indique la dénomination de leur arme-ment primitif; mais les progrès véritablement importans ont